Ceux de Guitry – L’Affaire Flichy (tome 1) de Dany le Du

L'AFFAIRE FLICHY

La Révolution Française a profondément bousculé les relations entre les habitants de Guitry, petit village de Normandie. Denise et Nicolas Belhoste, la famille de Beauval et Jean Misère, les personnages principaux de l’Affaire Flichy, illustrent cette évolution radicale.
Fils de cultivateur devenu entrepreneur et maire de son village, Nicolas Belhoste est un homme orgueilleux, égoïste, manipulateur et opportuniste, porté par la volonté de laver une humiliation subie dans sa jeunesse. Le jour de son premier mariage, le destin de ces personnages se nouera pour plusieurs générations, en donnant à Nicolas Belhoste le moyen d’accomplir sa vengeance, cruelle, sournoise, implacable.

Ma lecture

Je tiens à préciser en préambule que je ne suis pas une lectrice de romans dits du terroir mais j’ai accepté malgré tout de lire les deux premiers tomes de « Ceux de Guitry » de Dany Le Du, qui en comportera 4, car l’époque m’intéressait (la révolution française) et j’aime également découvrir des romans d’auteur(e)s dont on ne parle pas ou peu. Mon côté exploratrice qui sommeille en moi se réveille……

Je précise que je reste toujours très honnête dans mon ressenti, bon ou moins bon, qu’il n’est pas question pour moi de complaisance mais simplement un avis sincère, par rapport à ma lecture. Les auteurs en sont informés dès le départ.

Je vais situer dans un premier temps l’auteure, Dany Le Du, et son parcours : psychologue de formation, elle a écrit des nouvelles et des guides pratiques, elle signe ici le premier tome d’une fresque familiale et historique se déroulant en Normandie. Elle s’intéresse au quotidien et à la vie sociale, a écrit des jeux d’enquête et est passionnée de psycho-généalogie. Elle s’inspire d’ailleurs d’une de ses branches familiales pour l’écriture de cette saga. Ces précisions sont importantes et se retrouvent d’ailleurs dans tout le récit.

En effet, on ressent très vite la passion de l’auteure pour ces domaines, une région, son parler, ses traditions, le soin qu’elle a apporté à la construction des différentes familles, les caractères des différents personnages, il y a derrière tout cela un important travail de documentation. Son récit fourmille de détails sur la vie dans la campagne normande : on est plongé dans le quotidien de chacun mais aussi des différentes familles, sur la vie du village, les traditions et croyances.

Elle choisit l’époque révolutionnaire pour démarrer son histoire, époque où les différentes classes sociales s’affrontent, où les nantis perdront beaucoup, où certains tenteront de se faire une place dans la hiérarchie. Aristocratie, bourgeoisie, artisans et paysans se côtoient avec en fond les bouleversements qu’apportera la révolution française.

Je dois avouer que j’ai eu un peu de mal à entrer dans le récit : multitude de personnages, les liens entre les différentes familles, la narration qui passe de l’un à l’autre, sautant les années, certains disparaissant dans les méandres de ces temps troublés voir qui changent de nom…… Mais c’est le lot de tout début d’une saga familiale…..

L’écriture s’est allégée dans la deuxième partie, se concentrant plus sur les intrigues, glissant ici et là des situations assez drôles (le viager),  documentées sur le fonctionnement par exemple de la franc-maçonnerie, la vie quotidienne (la tue-cochon), s’inspirant parfois de faits historiques (la fuite à Varennes) mais surtout le personnage central, Nicolas Belhoste, plein de rancœur après une humiliation dans son enfance qu’il ne parvient pas à oublier.

D’autre part j’ai trouvé dans la narration des répétitions sur certains événements, situations etc….. qui alourdissent le souffle (j’ai pensé plusieurs fois : « mais cela elle me l’a déjà dit il y a quelques pages) : la quantité de détails  « casse » le rythme de l’histoire.

Par contre installer une intrigue policière pour nous parler de la vie au 18ème siècle dans la campagne normande sur fond de révolution est une manière agréable de découvrir, d’apprendre, de voyager dans le temps. Fausses pistes et suppositions se superposent jusqu’à la révélation finale qui est assez bien montée (même si quelques éléments ont été semés ici ou là laissant supposer l’issue).

Les personnages sont assez caricaturaux, certaines situations typiques de ce genre de récit, mais pour ma part, j’ai surtout apprécié le côté historique et documenté d’une époque agitée assez proche de la nôtre…..

J’ai senti que l’auteure avait beaucoup à dire, qu’elle disposait d’une foule de documentation et cela noie un peu le souffle du récit, mais tout dépend de ce que l’on recherche dans la lecture. Je pense que les amateurs de récits du terroir, et il y en a beaucoup,  y prendront du plaisir. C’est un récit de longue haleine et comme tel demande d’installer décor et protagonistes.

L’écriture est accessible, faite souvent de courtes phrases mais Dany Le Du n’a pas choisi le chemin le plus facile : une saga historique sur plusieurs générations, très fournie en informations sur la vie quotidienne tout en incluant une intrigue policière….

Le lecture du deuxième tome que je ferai je pense le mois prochain,  m’emportera j’espère dans la suite des aventures au sein de cette famille et de cette région, maintenant que tout  est planté, que les bases sont connues, que certains faits restent en suspens et qu’on attend leur devenir.

Je remercie Dany Le Du pour sa confiance ainsi que les Editions des Falaises pour cette lecture.

Mon avis : 📕📕📕

Editions des Falaises – Mars 2018 – 259 pages

Ciao

 

La jument verte de Marcel Aymé

Livre lu dans le cadre d’un club de lecture

LA JUMENT VERTE

Résumé

Au village de Claquebue naquit un jour une jument verte, non pas de ce vert pisseux qui accompagne la décrépitude chez les carnes de poil blanc, mais d’un joli vert de jade. En voyant apparaître la bête, Jules Haudouin n’en croyait pas ses yeux, ni les yeux de sa femme.
– Ce n’est pas possible, disait-il, j’aurais trop de chance.
Cultivateur et maquignon, Haudouin n’avait jamais été récompensé d’être rusé, menteur et grippe-sou…

MARCEL AYME

L’Auteur

Marcel Aymé est un écrivain né  en 1902 à Joigny, dramaturge, nouvelliste, scénariste et essayiste français.

Marcel Aymé était le dernier d’une famille de six enfants. Ayant perdu sa mère à deux ans, il fut élevé jusqu’à huit ans par ses grands-parents maternels qui possédaient une ferme et une tuilerie à Villers-Robert, une région de forêts, d’étangs et de prés. Il entre en septième au collège de Dole et passe son bachot en 1919. Une grave maladie l’oblige à interrompre les études qui auraient fait de lui un ingénieur, le laissant libre de devenir écrivain.

Après des péripéties multiples (il est tour à tour journaliste, manœuvre, camelot, figurant de cinéma), il publie un roman : « Brûlebois », aux Cahiers de France, et, en 1927, « Aller retour », aux Éditions Gallimard, qui éditeront la majorité de ses œuvres.

Le prix Théophraste-Renaudot pour « La Table aux Crevés » le signale au grand public en 1929. « La Jument verte » paraît en 1933. Avec une lucidité inquiète, il regarde son époque et se fait une réputation d’humoriste par ses romans et ses pièces de théâtre : « Travelingue » (1941), « Le Chemin des écoliers » (1946), « Clérambard » (1950), « La Tête des autres » (1952), « La Mouche bleue » (1957). Ses recueils de nouvelles « Les Contes du chat perché » (1939) et « Le Passe-muraille » (1943) conquièrent tous les publics.

En 1950, il refuse un siège à l’Académie française.

Un monument et une plaque ont été élevés à sa mémoire place Marcel-Aymé, dans le quartier de Montmartre à Paris. La statue, réalisée par Jean Marais en 1989 évoque le « Passe-muraille », un de ses personnages les plus surréalistes, et une de ses plus belles œuvres écrites.

Mon avis

Je suis déçue de cette lecture que je n’aurai peut-être pas choisi de lire de moi-même…..

La naissance chez les Haudouin de cette jument vert est le prétexte à une « farce » rurale. Il faut reconnaître à Marcel Aymé une très bonne connaissance du monde rural, de sa façon de vivre (au début du 20ème siècle), de son parler et du travail agricole.

Mais peut être que c’est un peu vieillot même si certaines situations peuvent encore être d’actualité : affrontement entre républicains et cléricaux, la place du curé dans le village, politique avec l’élection du maire, le pouvoir de l’argent, la jalousie, la haine même, les rivalités entre familles. il y a également les interventions de personnages secondaires mais cruciaux (le facteur Dédot).

Ce qui est très présent également ce sont les scènes triviales, d’incestes, de marivaudages, assez crues parfois et cela donne une image de la vie à la campagne assez bestiale.

Je l’ai lu entièrement mais sans plaisir, ce n’est pas un humour que j’apprécie et même s’il a eu du succès je trouve qu’il a alors mal vieilli.

« Les romanciers sont des gens à la tête légère, ils racontent des histoires, et la morale y va comme elle peut. »

Ma note : *

Ciao