Les vieux fourneaux – Tome 4 – La magicienne de Wilfrid Lupano et Paul Cauuet

LES VIEUX FOURNEAUX T4

Résumé

Après une tournée d’été du théâtre du « Loup en slip », Sophie et Antoine rentrent au bercail… pour découvrir leur charmant village en pleine effervescence ! Le projet d’extension de l’entreprise Garan-Servier, qui relancerait l’économie de la région, est menacé… par une mystérieuse « magicienne dentelée » occupant le terrain. Branle-bas de combat pour les zadistes ! Cela dit, c’est un coup de bol pour les Vieux Fourneaux, qui peuvent enfin partir à la recherche de leur trésor oublié… Quant à Sophie, elle apprend une délicate vérité au sujet de son père…Confidence pour confidence, révélera-t-elle enfin l’identité du père de sa fille, Juliette

Ma lecture

C’est avec plaisir et impatience que je retrouve les Vieux Fourneaux dans ce tome 4 – La Magicienne vient perturber la vie tranquille du petit village du Tarn et Garonne…… Au comptoir de la Chope c’est l’effervescence. Les avis sont partagés et les renforts sont les bienvenus.

Que cela fait du bien de retrouver tous les acteurs de cette BD : Antoine, Emile, Pierrot mais celle qui est au coeur de cet opus c’est Sophie qui va faire une importante découverte…. et une révélation en entraînant une autre….  Toujours aussi truculent, rigolo mais actuel (les zadistes cela ne vous rappelle rien ?). Oui c’est assez caricatural, c’est sans prétention sauf celle de nous faire passer un bon moment et moi je ne vous cache pas que j’y prends un plaisir fou.

Si vous saviez !! vous connaissez Guimauve Frombze ?

Gui comment ?

Guimauve Frombze. La série télé…. avec les dragons !

Qu….? Ah Game of Thrones (p14)

Ils ne s’avouent pas vaincus et inutiles les septuagénaires !!! toujours prêts à entrer dans la bagarre, à défendre la veuve et l’orphelin, à combattre l’ordre, l’injustice et le pouvoir. Ils essaient de rester dans le « coup », ils font intervenir l’artillerie lourde mais pas toujours opérationnelle….. Et puis il y a Sophie qui tente de renouer avec son père, de comprendre pourquoi il se tient à distance….. C’est la petite note sentimentale de l’histoire, utile et nécessaire car tout n’est pas toujours rose dans la vie et elle doit affronter bien des difficultés, surtout avec ces « vieux » qui n’en font qu’à leur tête.

Et comme toujours on les quitte sur une interrogation, simplement pour nous dire patience….. ce n’est pas fini….. Les Vieux Fourneaux n’ont pas dit leur dernier mot et ….. j’en suis ravie.

Mon avis : ♥♥♥♥

Editions Dargaud – 56 pages

Ciao

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Bitna, sous le ciel de Séoul de Jean-Marie-Gustave Le Clezio

BITNA SOUS LE SOLEIL DE SEOUL

Résumé

Bitna, 18 ans, invente des histoires pour Salomé, une jeune fille immobilisée par une maladie incurable. Lorsqu’elle s’arrête de raconter, Salomé la supplie de continuer ces contes qui lui permettent de vivre par procuration. Bitna découvre qu’elle exerce un pouvoir inédit sur un être humain, mais aussi qu’elle est observée et espionnée.

Ma lecture

J’ai découvert JMG Le Clézio avec le précédent livre ALMA que j’ai beaucoup aimé pour la délicatesse de son écriture,  sa prise de position par rapport à la destruction de notre monde, de la nature, de ses questionnements etc…., par sa narration toujours très poétique, mais ancrée dans le présent, à la limite de la réalité et de l’irréel, pleine d’images, de bruits, d’émotions.

Donc lors de la sortie de ce nouveau récit, je n’ai pas hésité : je savais que l’écriture serait belle, que l’histoire d’une jeune femme aidant à travers ses narrations à vivre, à sortir de son enfermement allait m’intéresser.

JMG Le Clézio nous emmène à Séoul, ville qu’il connaît par coeur, qu’il aime, c’est indéniable. Il arpente les quartiers, les rues, au milieu de la foule, des petits commerces et universités. Il a l’art d’être un excellent guide, s’attardant sur les gens, leur caractère, leur attitude, qui sont finalement le reflet d’une ville, les bruits, la nature bien sûr, et puis quand je le lis je ne peux m’empêcher d’entendre sa voix, si douce, si calme, où chaque mot est pesé et réfléchi.

Bitna, si elle aide Salomé à supporter son quotidien (mais elle ne lui fait que très peu de visites) c’est elle l’héroïne de l’histoire : elle s’affirme, se cherche, se trouve, prend de l’assurance et grâce à ses petites histoires qui n’en feront qu’une, la sienne, devient adulte et qu’importe que celles-ci soient vraies ou fausses ce qui compte c’est le plaisir de les raconter, de sentir qu’elle aide Salomé à supporter son quotidien, à l’apaiser, elles sont ses rations de survie et qu’importe si elles sont vraies ou fausses :

Même la vérité peut être un mensonge si tu n’y crois pas, et même le mensonge peut sembler vrai si je  le raconte bien. (p109)

C’est un voyage dans l’imaginaire de Bitna, de sa réalité qu’elle agrémente, modifie, embellit mais aussi de ses peurs : la suit-on, qui sont ses ombres qui rodent ? Et tous ces personnages ne font-ils pas partie de son quotidien, de son environnement, où est la frontière en réel et imaginaire….. Comme on aide un oiseau à franchir le pont arc-en-ciel pour un au-delà inconnu, Bitna aide Salomé à supporter sa vie.

On peut être un peu dérouté par ces petits contes au début car ils sont très éloignés les uns des autres, on ne comprend pas toujours où l’auteur veut nous emmener, mais ce n’est qu’une déambulation à Séoul, dans un pays divisé, par une frontière qui brise les familles, mais le lien se créée entre imaginaire et réalité, comme souvent c’est le cas dans un roman surtout quand il s’agit de JMG Le Clézio.

Il m’a manqué un petit je ne sais quoi pour totalement être conquise : peut-être que j’aurai aimé connaître un peu plus Salomé, Hana, Naomi et même si les différentes histoires sont pleine d’émotions, de messages je suis restée un peu à distance, comme une touriste dans Séoul.

Mon avis : ♥♥♥/♥

Editions Stock – Net Galley – 137 pages – 

Ciao

Clarissa de Stefan Zweig

CLARISSA

Résumé

«Le monde entre 1902 à la fin de la Seconde Guerre mondiale, vu à travers les yeux d’une femme» : ainsi Stefan Zweig résumait-il le thème de ce roman, entrepris dans les derniers temps de sa vie et retrouvé dans ses archives.

Clarissa, fille d’un militaire autrichien, est née en 1894. A l’aube du premier conflit mondial, elle rencontre à Lucerne, en Suisse, un jeune socialiste français, Léonard, qui n’est pas sans évoquer Romain Rolland. La guerre les sépare, mais Clarissa attend un enfant. Dans l’Europe déchirée, en proie à l’hystérie nationaliste, son acceptation de cette maternité va devenir, plus qu’une décision personnelle : un destin et un symbole.

Ma lecture

Je continue à piocher sur mes étagères ce que j’appelle « les classiques » que ce soit des auteurs ou romans, pour approfondir ma connaissance des styles, des courants d’écriture et pour celui-ci qui m’avait été offert dans le cadre « d’un gratuit pour deux achetés », bonne pioche car je n’en avais jamais entendu parler (je parle du roman). Il s’agit d’un roman inachevé, retrouvé dans les archives de Stefan Zweig après son suicide en 1942.

Avoir 20 ans en 1914, être une jeune femme autrichienne, timide et effacée, élevée dans la rigueur auprès d’un père militaire, orpheline de mère donc sans peu de repère féminin, ayant été pensionnaire durant toute son enfance, et découvrir la vie, l’amour, la guerre, la maternité en quelques années, en quelques rencontres mais aussi les différents visages de l’humanité, le rêve de certains d’un monde uni, social, mais aussi la lâcheté, les combines en temps de guerre et le mensonge.

Beau portrait de femme : écriture délicate, sensible et raffinée, l’auteur s’est glissé dans la vie et les pensées de cette jeune fille qui va découvrir le monde et sa réalité, à la sortie de la pension où elle a été éduquée, confrontée à la guerre et aux hommes.

Grâce à son travail près d’un neurologue, intelligent, qui lui permettra de développer ses aptitudes à observer, écouter et se libérer du carcan familial et lui ouvrira la voix de la psychologie  et d’une certaine liberté

Freud veut faire découvrir aux hommes la cause de leur déséquilibre psychique, et moi, je veux la leur faire oublier. (p65)

Aimer en temps de guerre et en plus un homme du camp ennemi…… Un homme aux idées humanistes, sociales si lointaines de l’univers paternel et de son enseignement mais dont elle sera très vite séparée par le conflit qui s’installe en Europe. Perpétuer cet amour à travers son fruit, qu’elle porte et défendra courageusement, prête à tout, un peu candide parfois, mais volontaire et lucide sur sa condition et celle de son enfant.

Mon seul regret  : le fait que ce récit est inachevé car on abandonne Clarissa sans savoir ce que son créateur envisageait pour elle….. mais cela laisse également la place à notre imaginaire : à nous d’imaginer ce que sera son avenir pour elle et son enfant, au sortir de la guerre. Continuera-t-elle à avancer ou disparaîtra-t-elle dans le désespoir et la misère ?

Quand on abandonne ses habitudes, on ne peut que se retrouver soi-même. (p75)

Il y a une certaine désillusion, langueur, tristesse dans la narrration : une sorte de fatalité sur un monde qui ne change pas, sur ses absurdités et sur ceux qui le mènent, souvent pour leur seul intérêt

Après 24 heures de la vie d’une femme que j’ai eu la chance de voir au théâtre, qui était déjà un très beau récit d’une femme amoureuse, follement amoureuse mais bafouée, abusée et désespérée, je trouve que Stefan Zweig est un écrivain qui sait se glisser dans le corps et l’esprit des femmes mais aussi nous relater leur condition dans le monde. C’est un écrivain aux idéaux sociaux et humains mais conscient du monde où il vivait et peut-être son désespoir de ne pas le voir changer.

Mon avis : ♥♥♥♥

Editions Le livre de poche – 235 pages – 

Ciao

Un petit tour au Printemps du Livre de Montaigu

Comme chaque année, une petite visite hier au Printemps du Livre de Montaigu (Vendée) où il y avait foule …..

Après une rencontre avec Antigone, trop courte mais au milieu du bruit ce n’est pas toujours facile d’échanger….. Mais on se retrouvera j’espère au calme, autour d’un thé et de quelques livres pour mieux se connaître et « papoter » car nous sommes « voisines »…..

C’est d’ailleurs sur le souvenir d’un billet d’Antigone sur le roman de Sonia David, David Bowie n’est pas mort pour lequel elle avait eu un vrai coup de coeur, que j’ai rencontré l’auteure et acheté le livre dont je vous mettrais le billet très prochainement…..

DAVID BOWIE N'EST PAS MORTDEDICACE D.BOWIE

J’ai assisté à deux rencontres : Olivier Norek dont je n’ai pas lu le livre mais qui m’a fait une forte impression (je l’avais découvert à La Grande Librairie) ….. Très à l’aise, simple, direct, passionnant. Peut-être me laisserai-je tenter par Entre Deux Mondes, même si ce n’est pas ma préférence de lecture (mais il faut parfois sortir de sa zone de confort….)

NOREK

Rencontre avec Agnès Ledig, Julie de Lestrange, Agnès Martin Lugand

LEDIG

J’ai été très raisonnable mais il y avait un monde fou, des files d’attente et je viens souvent en repérage et ensuite je vais en Librairie faire mes achats au calme….. Mais j’ai trouvé également des livres d’occasion….. Mon grand retour vers les classiques, les fondements comme je dis souvent.

LIVRES OCCAS

Et comme c’était une journée placée sous le signe du livre, j’ai eu le plaisir de trouver dans ma boîte à lettres une autre jolie lecture en perspective (j’aime beaucoup la couverture)

CHERE MRS BIRD 2

Aujourd’hui le temps est maussade…………. Pas de problème…… Je vais lire !

Ciao

 

 

Là où tout se passe de Lara Pawson

LA OU TOUT SE PASSE

Résumé

L’Angleterre, des junkies et des cormorans. La Côte d’Ivoire, des menaces de mort et le cliquetis des armes. L’Angola, un mausolée et des enfants sous une pluie de bombes.

D’instantanés en contrepoints, Lara Pawson retrace son parcours de femme journaliste dans un monde vibrant, bouleversé par les guerres, où l’imaginaire transcende parfois le réel, en tentant de dépeindre ses contemporains, amis ou escrocs, violeurs ou héros d’une nuit.

À partir de ses souvenirs qui s’entrechoquent, elle pose sans cesse la question : suis-je là où je dois être ?

LARA PAWSON

Ma lecture

Ce récit est le témoignage d’une journaliste anglaise, Lara Pawson qui retrace son parcours de correspondante de guerre, comme une déambulation en suivant le fil de ses souvenirs, enchaînant ceux-ci au fur et à mesure par association de mots, d’idées, de situations.

Cela va vite, il y a comme une urgence à partager son amour pou l’Afrique mais aussi de sa vie actuelle, avec ses constatations sur le monde où elle vit désorais, sur le racisme, la guerre et ses horreurs, sa place de femme-journaliste, sur la misère, la peur, l’angoisse et sur une obsession qui revient régulièrement dans le récit : vous êtes un homme ou une femme ?

Et elle y va franco Lara, elle a tant vu, tant vécu, qu’elle ne peut se retenir lorsqu’elle est face à certaines situations, en Afrique ou en Angleterre :

Au beau milieu d’une conversation, il y a peu de temps, j’ai entendu la question : « il est noir comment ? ». Dans le silence qui a suivi, j’ai pris sur moi pour juguler ma rage. J’ai seulement répondu : « Mais toi, tu es blanc comment ? » (p45)

C’est une forte personnalité, frôlant parfois la mort, l’accident, mais rien ne l’arrête, elle fonce, elle veut voir, comprendre, vivre

Aujourd’hui, ma soeur s’en souvient comme d’un signe avant-coureur de mon goût pour la confrontation. Selon elle, il est révélateur de mon courage. Mais je ne suis pas courageuse. Je suis en colère. (p123)

Oui la narration est décousue, elle est faite de petits paragraphes qui vont aussi vite que les souvenirs reviennent, qu’un mot en entraîne un autre, qu’elle associe une situation à une autre….. mais la chronologie a peu d’importance en fin de compte. L’important est le ressenti, le vécu.

C’est le récit d’une femme énergique, que plus rien ne peut effrayer, qui garde  un profond attachement àl’Afrique, malgré la violence, les injustices, la peur, la misère. Elle a un peu de recul sur son inconscience parfois face au danger, mais ce n’est pas une femme qui recule, qui renonce. Elle veut savoir, comprendre, témoigner.

Lecture parfois difficile mais dans des pays en guerre comment cela ne le serait-il pas et Lara Pawson ne prend pas de gants : elle a son franc-parler, elle agit d’abord et réfléchit parfois après, n’écoute pas toujours les conseils qui lui sont prodigués.

La dernière phrase qui donne son titre au récit. quand elle annonce son départ :

De nouveau le vieil homme secoue la tête. Ne fais pas cela, reste là. C’est ici, l’Angola. C’est là où tout se passe. (p138)

Merci aux Editions de l’Observatoire pour cette lecture.

Editions de L’Observatoire – 138 pages –

Mon avis : ♥♥♥/♥

Ciao

Edelweiss de Mayen et Mazel

EDELWEISS

Résumé

Été 1947, Boulogne-Billancourt. Lors d’un bal typique de l’après-guerre, Edmond, jeune ouvrier chez Renault, rencontre Olympe, fille de politicien. Il ne se doute pas qu’elle va bouleverser sa vie. Passionnée d’alpinisme, la jeune femme n’a qu’un rêve : escalader le Mont-Blanc pour égaler la prouesse de son aïeule Henriette d’Angeville. Malgré son manque d’expérience, Edmond promet qu’il l’aidera à le réaliser. Seulement, le train-train quotidien et plusieurs drames vont petit à petit émousser leur détermination… Mais qu’importe, l’amour est plus fort que tout, dit-on. Et s’il est capable de déplacer des montagnes, il peut aussi aider à les gravir.

Ma lecture

« Il n’est pas de voyage, quelles que soient les précautions que l’on prenne, qui n’entraîne de petites contrariétés. »

Henriette d’Angeville

Inspirée de personnages ayant existé (je vous mets le lien sur Wikipedia)

Henriette d’Angeville

cette très jolie BD que je guettais depuis un long moment à la bibliothèque mais qui n’était jamais disponible, victime de son succès, est enfin passée entre mes mains et sous mes yeux et je me suis plongée dans cette histoire de passions : d’amour, de femmes, de la montagne. Découpée en 2 parties + l’épilogue, c’est l’histoire d’une rencontre entre deux êtres que rien de destinait à se rencontrer sauf un petit bal après la deuxième guerre mondiale…..  Elle, Olympe, convaincue de ses droits, des ses possibilités, de ses choix, Lui, Edmond, ouvrier d’usine, projeté dans un monde étranger au sien, va grâce à la volonté et l’énergie de cette jeune fille, réussir à franchir des montages : ses propres limites mais aussi réaliser le rêve de sa femme à l’illustre ancêtre.

Mais la vie n’est pas un long fleuve tranquille et les obstacles vont se présenter un à un devant eux, de 1947, année de leur rencontre jusqu’à 1969, date de la réalisation du rêve d’Olympe, changeant parfois le cours de leurs vies, mais ils garderont leurs rêves et leur amour.

C’est une magnifique BD, aux illustrations soignées, représentatives du climat, de l’ambiance à la fois douce, feutrée, sensible de cette tranche de vie d’un couple, qui franchira bien des barrières, du féminisme aux victoires sur la montagne, des joies mais aussi des peines. Il y a de la douceur, des petites touches d’humour, du réalisme. On referme l’album à regret, laissant Olympe et Edmond à leur amour;

Mon avis : ♥♥♥♥

Editions Vents d’Ouest – 89 pages

Ciao

Les doigts bleus de la pluie de Jean Anglade

LES DOIGTS BLEUS

Résumé

Prête à marier, Aline Florenceau dit oui au premier venu, Denys Salomos. Un homme aux antipodes d’elle : aussi sanguin qu’elle est placide ; aussi méditerranéen qu’elle est auvergnate. Elle le suit en Tunisie dans ses terres colonisées : rude désillusion. Et revient en Auvergne quelques années plus tard, veuve, avec ses trois enfants, dans la maison parentale. Maître Théodore Grampon au « visage aussi froid que gris un jour de Toussaint » est huissier-audiencier. Un jour, c’est la rencontre entre le vieux garçon et la jeune veuve. « Pour l’amour des enfants, du bien et de l’intérêt composé », Aline l’épouse. A quarante ans, dans sa vie terne et triste, exempte de toute passion, elle fait la connaissance d’Edmond Leblé, président de la Société nationale de la nature. D’âge indéfinissable, jamais marié, électron libre émancipé de tout, il habite au pied du Puy, écume au volant de sa vieille 2CV les routes de France pour sa cause. Une amitié littéraire et épistolaire se noue entre les deux êtres solitaires. Puis une passion véritable, sincère, profonde, inattendue naît. Aline en est bouleversée : elle aime, enfin, et décide de reprendre son destin en main…

Ma lecture

Livre lu dans le cadre de la prochaine rencontre du club de lecture…… un choix qui ne m’enthousiasmait guère car je ne suis pas une lectrice de romans du terroir… Mais il faut respecter les choix de chaque participant alors je découvre Jean Anglade, à travers ce livre.

Je ne suis pas conquise : Alice avec son côté soumise (question d’époque peut être), qui après un premier mariage sans amour, replonge dans un deuxième avec un personnage, Théodore, odieux, réduite à femme objet, sans opinion et sans volonté propre, seulement utile au bon fonctionnement de la maison, m’a prodigieusement agacée. Sa découverte de l’amour vrai, comme une toute jeune adolescente est plutôt touchant mais ce genre de récit où l’on connaît à l’avance toutes les ficelles (sauf peut-être le rebondissement final) ne m’emballe pas beaucoup. Cela flirte avec le roman à l’eau de rose. Il y a un public pour cela mais je n’en fais pas partie.

Edmond, l’amoureux fou d’Alice, a un côté année 68 sympathique, légèrement réactionnaire, bohème, vivant coupé du monde sauf pour parcourir les marchés mais tout cela tombe dans la mièvrerie à partir du moment où il est amoureux et j’ai eu qu’une envie c’est de le terminer (peut être qu’en temps normal je ne l’aurai soit pas lu soit abandonné…..).

C’est facile à lire, le livre transpire l’amour de l’auteur pour sa région, Riom, un soupçon de révolte sur l’agression de la nature par les industries et voilà.

Rien à redire sur l’écriture, simple, fluide, sur la chronologie des événements (comme souvent on part du pire pour aller vers le mieux….).

Une fois lu, je m’en souviendrai comme une nouvelle tentative de lecture du terroir et une confirmation que ce type de narration ne m’apporte rien, même pas un peu de détente, même pas un peu d’émotions à part de l’agacement, car j’ai le sentiment de perdre mon temps…..

Mon avis : ♥/♥

Editions Pocket – 2011 – 281 pages

Ciao

L’archipel du chien de Philippe Claudel

L'ARCHIPEL DU CHIEN

Résumé

Une île. Une île de l’Archipel du chien. Peuplée d’une petite communauté d’hommes vivant de la pêche, de la vigne, des oliviers et des câpriers. Une île à l’écart des fracas du monde mais sur les rives de laquelle un matin vont s’échouer trois cadavres. Qui sont-ils ? Que faire de leurs dépouilles ? Faut-il oublier ou tenter de connaître la vérité, au risque de se perdre ?

Ma lecture

Certains habitants de cette île sont confrontés à la découverte sur leur plage de trois corps d’africains, morts. Que faire ? Qu’en faire ? Le Maire, Amérique, la Vieille, le Docteur (l’auteur n’a pas jugé utile de leur donner un nom,  car ils sont les symboles de notre civilisation), décident de les faire disparaître car ces trois corps contrarient leur grand Projet de Centre Thermal…….

Après avoir trouvé la solution, il faut vivre avec sa conscience : certains n’ont pas d’état d’âme, d’autres tenteront de se racheter et un personnage débarquera sur l’île, le Commissaire, le révélateur, l’empêcheur de tourner rond……

Votre nouveau locataire. Il est ici, reprit-il en tapotant son crâne avec son index. Dans chacune de vos têtes. Il vient de s’y installer, il n’en bougera plus. Désormais, vous le logerez à demeure, jusqu’à la fin de votre vie. Nuit et jour. Il ne sera guère bruyant, mais vous ne pourrez jamais l’expulser. Il faudra vous y faire. Bon courage (p146)

Philippe Claudel, comme souvent dans ses récits, part de fait d’actualité et dans celui-ci c’est les migrants africains dans leurs bateaux d’espoir mais aussi de mort qui est l’objet de sa narration. Récit sur fond de colère, de révolte de la part de l’écrivain, c’est l’impression que j’ai ressenti, sur l’attitude d’une population, représentative de notre Société.

Un homme lâche ? (…..) C’est presque un pléonasme, non ? (p158)

Les lâchetés, l’indifférence, le profit plutôt que l’humanité, voilà ce que dénonce Philippe Claudel. On ne peut être que touché par ce court récit, fort, puissant, où tout est réduit à une île, l’horreur va crescendo sur l’inhumanité, les ravages de l’argent, de l’intérêt de chacun, égoïstement. Heureusement un homme tentera de comprendre, d’élucider ces morts.

Et dans le cercueil le corps d’un homme qui avait quant à lui essayé de mériter le nom d’homme. (p149)

Les événements s’enchaînent, inexorablement, ne sont pas toujours ce qu’ils semblent être, cela va vite, plus rien n’est sous contrôle car nous ne maîtrisons pas tout, comme le volcan qui rappelle sa présence sur l’île comme ces morts qui seront désormais toujours présents.

Cette voix qui nous retrace cette histoire, n’est-elle pas la voix de la conscience, du souvenir, de la mort…… Elle nous interpelle sur la cruauté du monde et ne nous rebellons pas trop car que faisons nous : agissons-nous, nous taisons-nous, continuons-nous à vivre en sachant mais en nous sentant impuissants ?

Prendre les migrants comme révélateur de notre civilisation…. où la vie d’hommes a moins de valeur que le profit, on le sait et il est parfois nécessaire de remettre une couche et dans ce roman c’est efficace, implacable. Philippe Claudel sait mettre les mots là où ça fait mal et on referme le livre avec un goût amer dans la bouche.

Mon avis : ♥♥♥♥

Editions Stock  – NetGalley – 170 pages – Liseuse

Une fille de ….. de Jo Witek

UNE FILLE DE

Résumé

« Courir pour me sentir unique sur terre. Courir pour exister. Me forger un moral de championne, un corps solide, musclé, entraîné. Un corps qu’on ne piétine pas. Qu’on n’avilit pas. Courir pour que mon corps n’appartienne qu’à moi. Que mes désirs n’appartiennent qu’à moi. Courir pour marcher librement sans me souder du regard des autres, et surtout pas de celui des hommes. Tel était mon salut. »

Le long de la ligne verte, Hanna avale les kilomètres de chemin quatre fois par semaine. Dans ces moments de solitude, elle se sent libre, forte, protégée du regard des autres. Hanna est la fille d’Olga, prostituée ukrainienne. Ailleurs, en ville comme en cours, c’est plus difficile. Par amour pour sa mère, elle décide un jour de ne plus avoir honte. De relever la tête et de raconter son histoire, au rythme de ses foulées.

Ma lecture

Tout d’abord je trouve le livre beau : format original, jolie couverture, mise en page aérée pour un sujet difficile.

Etre la fille d’une prostituée, vivre avec cet environnement, en prendre conscience dès sa plus tendre enfance avec la violence, la solitude, l’éloignement parfois comme protection, la drogue mais avec de l’amour malgré tout, malgré les autres.

L’auteure a su donner à son texte une réalité mais sans vulgarité, sans artifice, vrai, relatant le triste parcours d’une jeune ukrainienne tombée dans les filets de la prostitution. Sa fille, personnalité volontaire et forte, trouve dans le dépassement d’elle-même dans la course, une façon de se surpasser, d’oublier le regard des autres, leurs jugements et trouvera une lumière, un autre « fêlé » de la vie, qui croisera son chemin, sa « ligne verte ».

Une fois ouvert le livre on ne le lâche pas : c’est prenant, Hannah nous prend par la main et nous fait découvrir sa vie, sans se voiler la face, affrontant une dure réalité. Deux manières de narration : en italique ses pensées et le reste relate sa vie, les faits.

Comment arriver à se construire, à savoir qui l’on est réellement et qui est cette mère, comment en est-elle arrivée là, ne pas tomber dans les mêmes pièges, voilà toutes les questions posées, sans misérabilisme, implacablement.

Un roman pour adolescents, un sujet pas facile à aborder mais l’auteure le fait habilement, sans complaisance pour expliquer, pour comprendre comment des femmes en arrivent à la prostitution, avec en fin de récit des propositions pour que les choses changent mais c’est toute une société qui devrait changer…… et j’ai bien peur que cela ne reste qu’une utopie.

Mon avis : ♥♥♥♥

Livre lu dans le cadre du comité de lecture jeunesse

Editions D’une seule voix Actes Sud Junior – 94 pages

Ciao

 

Trois jours chez ma tante de Yves Ravey

TROIS JOURS CHEZ MA TANTE

Résumé

Après vingt ans d’absence, Marcello Martini est convoqué par sa tante, une vieille dame fortunée qui finit ses jours dans une maison de retraite médicalisée, en ayant gardé toute sa tête.
Elle lui fait savoir qu’elle met fin à son virement mensuel et envisage de le déshériter.
Une discussion s’engage entre eux et ça démarre très fort.

Ma lecture

Ca démarre très fort ….. Ah bon, alors moi je suis restée sur la ligne de départ……

Une histoire d’escroquerie qui remonte à la surface 20 ans après les faits, un neveu véreux, une vieille tante qui ne s’en laisse pas compter, une femme qui souhaite que son ex-mari voit pour la première fois sa fille de 20 ans contre la promesse d’un chèque rondelet pour une oeuvre pas si humanitaire que cela…….

188 pages lues (parce que je suis consciencieuse) jusqu’au bout pour émettre un avis lors du prochain comité de lecture, mais où soit je n’ai rien compris, s’il y avait quelque chose à comprendre, où je suis passée complètement à côté.

Cela peut se lire en une demi-journée voir moins, rien ne vous interpelle à part un agacement et avoir le sentiment de perdre son temps. Vous ouvrez les journaux à la page des faits divers et autres narrations d’argent détourné et vous avez la trame du récit, après ce n’est qu’une relative énumération des faits, bof, bof, bof !

Je suis sévère mais cela n’apporte rien : même pas une écriture plaisante, ah si une minuscule intrigue qui n’en est pas une, des personnages sans consistance, une histoire bâclée, rien à en retenir, cela tombe bien je vais vite l’oublier.

Livre lu dans le cadre du comité de lecture

Editions de Minuit – 188 pages – 

Mon avis :

Ciao