D’Ombre et de Silence de Karine Giebel

D'OMBRE ET DE SILENCE

4ème de couverture

Écrire une nouvelle, c’est tenter, en quelques lignes, de donner vie à un personnage, de faire passer au lecteur autant d’émotions qu’en plusieurs centaines de pages.
C’est en cela que la nouvelle est un genre littéraire exigeant, difficile et passionnant. »
Karine Giebel

LIVRE LU DANS LE CADRE D’UN COMITE DE LECTURE

Mon avis

Quand on fait partie d’un comité de lecture, il faut s’attendre parfois à avoir un livre (ou plusieurs) à lire qui ne correspond pas du tout à votre littérature mais on joue le jeu et comme je suis très consciencieuse (trop parfois) j’ai accepté. Je ne lis pas ou plus de thriller depuis plusieurs années : trop de violence, trop de sang, de détails scabreux….. Moi j’en suis restée à Stieg Larsson (Millénium), Agatha Christie, Jussi Olsen il y a quelque temps et tout ce que j’ai lu depuis ne m’a pas intéressée et j’ai souvent abandonné en cours de route….. Je ne suis même pas tentée.

Alors que dire : j’ai lu les 8 nouvelles (et non 9 comme annoncé !!!!!!). Elles tournent toutes autour de notre monde actuel et de ses problématiques sauf que là on tombe dans l’extrême, dans le dérapage, le côté obscur de notre société. Clandestin, abus sexuels, vengeance, tortures etc…. C’est efficace, direct, mais moi cela ne me touche pas, je lis sans passion et n’ai eu qu’une envie tout au long de la lecture…… qu’elle soit finie !

Petite mention quand même pour le premier récit : Aleyna

Etre comme les autres. mais qu’est-ce que ça veut dire, au juste ? Etre comme les autres…. Entrer dans le moule, même s’il est trop étroit pour nous. Ne dépasser ni en hauteur, ni en largeur, n’avoir aucun relief, aucune aspérité que les autres pourraient saisir pour vous mettre à terre et vous rouer de coups.(p40)

qui est particulièrement touchant et peut être parce que c’est le premier du livre car à force de lire l’horreur on ne la remarque plus, cela devient banal et même convenu et j’ai l’impression de relire les mêmes histoires. Moi je préfère quand on laisse au lecteur la possibilité d’imaginer, de comprendre et de chercher la clé de l’énigme, faire le travail à côté de l’auteur, de voir où il veut nous mener.

Beaucoup de gens lisent ces récits pour se changer les idées…… pour avoir l’impression que leur vie est heureuse par rapport à tous ces cadavres, ce sang, ces tortures….. Oui bon peut-être mais moi cela m’horrifie qu’on fasse des récits en allant chercher toujours plus loin dans ce domaine.

Ce n’est pas encore cette lecture qui va me faire revenir vers le thriller plus que polar d’ailleurs car il n’y a pas de mystère, c’est implacable, un reflet d’une partie de notre société, peut-être, un type de lecture pour s’évader, peut-être, mais pas ma littérature de prédilection.

Ma note : ♥♥

Ciao

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Une longue impatience de Gaëlle Josse

UNE LONGUE IMPATIENCE

Résumé

Ce soir-là, Louis, seize ans, n’est pas rentré à la maison. Anne, sa mère, dans ce village de Bretagne, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, voit sa vie dévorée par l’attente, par l’absence qui questionne la vie du couple et redessine celle de toute la famille.
Chaque jour, aux bords de la folie, aux limites de la douleur, Anne attend le bateau qui lui ramènera son fils. Pour survivre, elle lui écrit la fête insensée qu’elle offrira pour son retour. Telle une tragédie implacable, l’histoire se resserre sur un amour maternel infini.
Avec Une longue impatience, Gaëlle Josse signe un roman d’une grande retenue et d’une humanité rare, et un bouleversant portrait de femme, secrète, généreuse et fière. Anne incarne toutes les mères qui tiennent debout contre vents et marées.
« C’est une nuit interminable. En mer le vent s’est levé, il secoue les volets jusqu’ici, il mugit sous les portes, on croirait entendre une voix humaine, une longue plainte, et je m’efforce de ne pas penser aux vieilles légendes de mer de mon enfance, qui me font encore frémir. Je suis seule, au milieu de la nuit, au milieu du vent. Je devine que désormais, ce sera chaque jour tempête. »

Mon avis

Il y a des auteurs dont on parle beaucoup et dont on ne garde aucun souvenir une fois lu. Beaucoup de bruit pour rien….

Il y a des auteurs dont on parle peu, pas mais dont le bouche à oreille permet de les découvrir…… Et c’est une rencontre, un rendez-vous, une bulle de bonheur.

Pas de gros battage médiatique, une maison d’édition NOTABILIA, discrète mais qui mérite d’être encouragée en découvrant d’autres auteurs de sa collection, car ce n’est pas le marketing qui fait un bon roman c’est le talent de l’écrivain et de ceux qui le publient. Voilà c’est dit…..

J’ai découvert Gaëlle Josse l’année dernière, au hasard d’une lecture (Le dernier Gardien d’Ellis Island) et depuis je lis tous ses romans avec un plaisir immense, jamais déçu et je parle beaucoup autour de moi de cette auteure si discrète.

Janvier 2018 : nouveau roman….. je me précipite dessus bien sûr : que nous a-t-elle réservé, où va-t-elle nous embarquer ? Et bien me voici sur la côte bretonne, battue par les vents, dans les années 50, le pays vient de sortir de la guerre et se remet tout doucement de ces années d’épreuve. Anne l’héroïne, la principale narratrice, après une période difficile avec la perte de son premier mari pendant le conflit, pense avoir trouvé un peu de stabilité, de confort pour elle et son fils Louis auprès d’Etienne, le pharmacien du village. Mais Louis va disparaître et une longue attente va commencer pour elle, partagée entre l’amour maternel et l’amour pour son mari.

Je ne suis qu’une déchirure. (p79)

Comme pour les fois précédentes, un court roman mais tellement riche, direct, précis, sans broderies inutiles.

Tous les jours je dois m’inventer de  nouvelles résolutions, des choses pour tenir debout, pour ne pas me noyer, pour me réchauffer, pour écarter les lianes de chagrin qui menacent de m’étrangler.(p82)

Le thème est l’attente, insoutenable, difficile, le manque de l’absent et pour le retrouver elle hante les lieux qu’ils ont partagés, eux, tous les deux, seuls avec leur misère mais heureux d’être ensemble et de leur vie simple, où le moindre objet a une histoire, est un souvenir.

 Bien sûr elle aime l’homme qui partage sa vie mais d’un autre amour et puis il y a le déchirement lorsqu’il provoque le départ de Louis. Elle évoque leur vie, son changement de statut dans le village, elle, la veuve remariée au plus beau parti, elle dont l’enfance n’a pas été douce, elle que la vie a malmenée.

Je me demande pourquoi il m’aime tant, et ce qu’il peut bien trouver à une femme comme moi, habitée d’absents, cousue d’attentes, de cauchemars et de désirs impossibles.(p106)

Anne, elle, a ses solutions pour tromper l’attente, sa petite maison, son antre,  ses lettres à Louis, là où il peut être, pour lui parler du jour de son retour et de la grande fête et du repas qu’elle prépare, car il reviendra, elle ne sait pas quand, elle espère, elle, la douce Anne mais qui guette comme une bête le retour de son petit.

De courtes phrases qui se précipitent parfois comme lorsqu’on est sur le fil du rasoir, que l’esprit galope, se perd, tente de comprendre mais surtout quand il est submergé par l’angoisse.

Et puis toujours avec Gaëlle Josse, une pirouette, un emballement et comme dans ses précédents récits on est fauché, déstabilisé. Il ne faut s’attendre à rien avec elle car c’est elle qui décide du moment, du lieu, de la manière.

J’ai dévoré les 130 pages la gorge nouée par les sentiments maternels si bien exprimés, le décor de Bretagne, les paysages, la mer, les sentiments humains et la vie de cette femme sont si biens écrits, on respire l’iode, on sent le vent sur la peau, on voit les bateaux rentrés au port, tous les sens sont sollicités, et l’on ne peut que penser qu’il y a du vécu là-dedans ou pour le moins un gros travail d’observation.

A cette grotte où nous vivons seuls où personne ne peut entrer, à cette part obscure et inavouable que nous portons en nous.(p113)

J’ai rencontré il y a quelque temps l’auteure qui expliquait qu’elle partait d’un détail, d’un lieu pour construire ses histoires mais moi j’ai le sentiment que cette femme a eu mille vies pour pouvoir nous faire partager tant d’émotions, tant de voyages et moi c’est ce que je demande en premier en littérature. Merci Madame.

Aimer c’est aussi aider l’autre à porter le poids qui l’empêche de vivre.(p113)

Ma note♥♥♥♥      COUP DE COEUR

Ciao

 

Les beaux étés – T 3 Mam’zelle Estérel

LES BEAU ETES 3

Résumé

1992, les années ont passé, le jeune couple est maintenant à la retraite, la petite Pépète est devenue une jeune fille et la 4L est à vendre… L’occasion de se remémorer l’année 1962, leurs toutes premières vacances à son bord en compagnie… des beaux-parents. Les vacances avec Yvette-la-parfaite et Gros-Papy seront plus gastronomiques que bucoliques… en direction de Saint-Étienne !

Mon avis

Voilà une série dont je guette l’arrivée d’un nouvel album à la bibliothèque car c’est le genre de lecture qui vous replonge dans vos souvenirs de vacances car nous avons tous connu des vacances de ce type, enfin je parle pour ma génération bien sûr…..

Nous faisons cette fois-ci des bonds dans le temps : 1992 la 4L est vendue et le couple Faldérault, qui a pris quelques années,se remémore l’arrivée de Mam’zelle Estérel dans leur vie….. Mais avec les souvenirs de l’arrivée de cette si jolie demoiselle, en 1962, c’est l’année des vacances passées avec Madame Belle-Mère, Mamyvette et Gros Papy et elles ne vont pas être exactement telles que la famille les imaginait. Pas de Côte d’Azur cette année c’est Mamyvette qui fixe la destination…..

Car c’est une figure cette grand-mère, elle régente, dirige d’une main de fer tout son petit monde, Guide Michelin en mains et le séjour à risque de provoquer des mises au point, des déceptions, des colères mais aussi, comme toujours de l’amour et des souvenirs.

Figure attachante de ce récit Gros Papy, qui se relève d’un infarctus, qui vous sort de très jolies pensées comme quand Pépette lui demande pourquoi il est si gros et qu’il répond :  » c’est parce que je suis rempli de souvenirs…. ».

Dans l’hiver, ouvrir un tel album c’est prendre une dose de vitamines, de bonne humeur et on a qu’une seule envie c’est de retrouver très vite toute cette sympathique famille

Ma note : ♥♥♥♥

Ciao

Martin Eden de Jack London

MARTIN EDEN

Résumé

Martin Eden, le chef-d’oeuvre de Jack London passe pour son autobiographie romancée. Il s’en est défendu, disant que Martin n’était pas socialiste mais individualiste et que son histoire avait été écrite en protestation contre la philosophie de Nietzsche. Il y a plus d’une ressemblance entre l’auteur et le héros: ouvrier devenu romancier célèbre, invité dans les salons, amoureux d’une riche jeune fille qui ne le comprend pas, ex-prolétaire ne se reconnaissant pas dans le prolétariat et qui n’aura jamais sa place chez les bourgeois.
Toujours en contradiction avec lui-même, Jack London tombe dans les excès que son succès lui permet et il meurt à quarante ans d’une overdose de médicaments.

Mon avis

Wouahh mais comment ai-je pu laisser si longtemps traîner ce libre sur mes étagères sans comprendre qu’il y avait là un chef-d’oeuvre ? Pourtant dans le regard profond, volontaire et doux de Jack London sur la couverture à l’âge de son héros, ce jeune homme me tendait une perche….. Pourtant j’avais entendu que des éloges mais voilà la pile est importante mais je me suis fixée pour 2018 un impératif, retourner de temps en temps mais régulièrement, vers des classiques, ce que j’appelle des fondements de la littérature car comme dirait Martin Eden : Bon Dieu que c’est beau !

Quand on aime l’écriture, la littérature, le roman, l’aventure, les destins exceptionnels comment ne pas tomber en pâmoison, en admiration, comment ne pas être émue par un tel récit car au-delà du récit autobiographique en partie ou totalement d’après mes différentes recherches, il est question de la culture, de l’éducation, de l’instruction, de la volonté de changer son destin.

Martin Eden, orphelin, doit très jeune travailler, bourlinguer sur toutes les mers du monde, vivre presque au jour le jour, jouer des poings,  sans se poser de question jusqu’au moment où il est confronté à un milieu qu’il ne connaît pas, celui de Ruth, la jeune femme qui fait battre de son coeur. Est-il amoureux de la personne où de ce qu’elle représente : la fortune bien sûr, un confort, une aisance mais surtout un univers culturel. Oui il veut devenir un homme cultivé pour pouvoir prétendre l’épouser, pas seulement éduqué non beaucoup plus profondément instruit : sciences, philosophie, mathématiques, physique, tout l’intéresse, le passionne et il s’y donne de façon maladive, totale car comme en amour, Martin Eden ne sait pas faire les choses à moitié, calculant ses heures de sommeil afin que rien ne l’empêche de dévorer, d’apprendre, de comprendre, se privant de manger mais restant honnête et droit, acceptant de travailler dans les pires conditions (dans la blanchisserie comme Jack London à une époque).

Tout s’enchaîne ensuite : apprendre, écrire, être publié mais il fera aussi des découvertes et en particulier le monde de l’édition, des journaux, des revues. Pourtant il a du talent, il le sait, il le sent, ses écrits valent bien ceux qu’il lit….. Et puis il y aura les déconvenues : pourquoi ceux qui lui tournaient le dos lui font ensuite des ponts d’or, qu’est-ce qui a changé car lui est resté le même.

On ne peut écrire un tel roman, une épopée, sans avoir vécu toutes ces situations et c’est également ce qui rend le roman si passionnant car rarement un auteur s’est autant livré. Il y a du vécu, de l’émotion, des pensées philosophiques et surtout une lucidité, une réflexion profonde sur le monde, son fonctionnement.

Il passera par tous les stades : misère puis célébrité, isolement puis reconnaissance, joie puis dépression, enthousiasme puis désenchantement. Tellement vrai, actuel et pourtant datant de plus d’un siècle, il soulève bien des questions sur l’éducation, les connaissances, les différentes classes de la société : bourgeoisie, prolétariat, la place de la femme (en particulier quand il parle de sa soeur Gertrude) mais aussi des petites gens dont il sait qu’il fera toujours partie même si la célébrité lui fera miroiter un autre monde.

Car Martin est lucide, généreux, sans concession et pour pouvoir être celui qui épousera Ruth il sera prêt à tout, même s’il comprendra que tout cela n’est qu’un miroir aux alouettes, que les connaissances ne font pas l’intelligence, que ce qui l’attirait au début n’était que superficialité et sa lucidité le mènera au désespoir. Il fait preuve d’une volonté à toute épreuve, au risque d’y laisser sa vie car il pense être dans la vérité. Il n’hésitera pas à affronter les moqueurs, les envieux, ceux qu’il fréquentait avant et qui ne le reconnaîtront plus mais lui restera le même profondément, sans rancune, il leur pardonne.

Le sujet me touche particulièrement car je suis convaincue du pouvoir de la culture, pour tous, du changement qu’elle peut opérer dans la vie d’un être humain mais aussi ses exigences, sa rigueur si l’on veut obtenir un résultat.

J’use de mon droit individuel, simplement (…) les grands juges musicaux peuvent avoir raison, tout tant qu’ils sont. Mais moi, je suis moi, et je ne subordonnerai pas mon goût au jugement unanime du public. Si je n’aime pas une chose, je ne l’aime pas, voilà tout ; et rien au monde ne me fera l’aimer, parce que la grande majorité de mes contemporains l’aime, ou fait semblant de l’aimer. Mes goûts et mes aversions ne suivent pas la mode. (p250)

Mais n’a-t-il pas réussi malgré tout sa vie : il atteint son but, il est devenu ce qu’il rêvait de devenir, il s’est donné les moyens d’y arriver ….. mais a-t-il obtenu ce qu’il voulait, en a-t-il été récompensé et en a-t-il été plus heureux ?

C’est le genre de récit qui ne peut laisser indifférent : on peut le lire comme un roman d’aventure, une réflexion sur la vie, ses miroirs, ses illusions et désillusions, un roman d’amour, d’ambition, une critique de la société, des pouvoirs, des luttes. On en ressort pas indemne et je pense qu’il va me suivre pendant longtemps.

Est-il encore utile de préciser que c’est un très gros coup de coeur, un coup de poing aussi et un conseil : ne soyez pas effrayé par les 500 pages : ce jeune homme vous prend par la main et par le coeur et on le suit, on ne le quitte pas, on est près de lui et on ne l’oubliera pas de si tôt.

Ce n’est pas dans le succès d’une oeuvre qu’on trouve sa joie, mais dans le fait de l’écrire.(p341)

Ma note : ♥♥♥♥♥    COUP DE COEUR

Je le communique Objectif PAL – Les lectures d’Antigone dans le cadre de l’Objectif PAL de Janvier 2018.

Ciao

Les voyages d’Ulysse de Emmanuel Lepage, Sophie Michel & René Follet

LES VOYAGES D'ULYSSE

Résumé

Nous sommes à la fin du XIX ème siècle, Jules Toulet est un peintre qui vient de rompre avec sa muse, son égérie : Anna. Il erre dans Istanbul avec son carton à dessins, sans parvenir à trouver de navire qui serait prêt à l’embarquer. Il rencontre alors la belle et énigmatique capitaine Salomé qui accepte de le prendre à son bord, à deux conditions: qu’il exécute un tableau par semaine et qu’il l’aide à retrouver un vieux peintre nommé Ammôn Kasacz. Jules accepte et se retrouve embarqué dans un étrange voyage…

Mon avis

Livre découvert lors d’un speed-booking à ma bibliothèque et que l’on pourrait presque classé dans la catégorie « Beaux Livres » tellement on a l’impression de tenir entre ses mains une oeuvre d’art….

Très difficile de faire une critique sur cet album tant la qualité des illustrations (mais peut-on encore appeler cela illustrations), des textes et de la narration sont très réussis, mais je vais le faire en toute objectivité.

Il faut se laisser bercer par l’Odyssée d’Ulysse qui est en filigrane, avec des encarts sur papier calque reprenant le texte original, par les personnages surtout les femmes qui prédominent dans le récit par leur douceur, leur force de caractère, leur volonté et leur acharnement. Il y a plusieurs histoires d’amour et d’amitié : d’un homme pour une femme, d’une famille après la perte de celle qui en était l’âme, d’un bateau et de la mer, de personnages rencontrés de port en port, etc…

Salomé, le personnage principal et qui est la narratrice, a un rapport avec la mer et les éléments très fort et avec les humains, son passé l’a rendue très méfiante.

Au-delà de l’histoire qui colle à celle d’Ulysse et à cette volonté farouche de braver le temps et les événements, il s’agit d’un très bel ouvrage, qui a dû demander un travail énorme de recherches, d’études et de temps.

Même si je reconnais la valeur de cet album, n’étant pas férue de mythologie et ayant une attirance pour un autre style d’illustrations ma note reste mitigée, mais ce n’est que mon humble avis par rapport à ma sensibilité et mes goûts….

Ma note♥♥♥

Ciao

 

Une demoiselle comme il faut de Barbara Pym

UNE DEMOISELLE COMME IL FAUT

Résumé

Ianthe, l’héroine travaille dans une bibliothèque et le rythme routinier sera rompu par un beau jeune homme qui semble s’intéresser beaucoup à elle. Leur « affaire » constitue l’intrigue étonnante de ce roman où les personnages, célibataires endurcis ou amoureux transis, sont décrits avec la plus grande minutie.

Mon avis

Premier roman de cette auteure dont j’ai lu plusieurs avis assez élogieux et lorsqu’on aime la littérature anglaise comme moi on note le nom et à l’occasion on découvre ….. et c’est une belle découverte.

On se pose davantage de questions et des questions plus audacieuses, sur un homme célibataire que sur une femme dans la même situation (…) le fait qu’il est disponible est en soi plus intéressant que ça ne l’est chez une femme. (p308)

Voilà à travers cette citation l’objet de ce roman.

L’histoire, comme souvent dans ce type de littérature, tourne autour d’une femme, ici Ianthe et d’un homme, Rubert, elle bibliothécaire, lui anthropologue, qui vivent dans deux maisons face à face. Ecrit en 1963 mais publié après le décès de Barbara Pym, il y est question de la position de la femme dans la Société surtout quand cette dite femme n’est pas mariée mais aussi pour l’homme dans la même situation.

Comme toujours on retrouve des personnages aux traits marqués : il y a le couple dont le mari est pasteur, Mark et Sophia, sans enfant mais possédant une chatte Faustina,  qui tient une place prépondérante auprès de Sophia. Il y a également Pénélope qui attend, espère, rêve de rencontrer l’homme qui s’intéressera à elle car l’horloge tourne, 25 ans et pas mariée….. quelle horreur ! et à chaque homme croisé elle imagine, elle fantasme, elle rêve que cet homme va partager sa vie !

Ianthe elle est la femme vivant seule mais heureuse, ayant perdu ses parents (son père était chamoine) , dans une jolie maison décorée avec soin et goût, travaillant dans une bibliothèque avec Mervyn son supérieur et John qui vient d’être embauché pour la seconder.

Voilà pour les acteurs principaux mais il y en a bien d’autres, cela fourmillent des figures traditionnelles anglaises : bourgeois, aristocrates, religieux car c’est en fin de compte une fresque de la société d’après guerre, qui évolue doucement mais qui garde ce côté « so british » que j’aime tant : thé, petits fours, intérieurs cosy, humour anglais, convenances, qu’en dira-t-on, religion et rumeurs…..

On voyage également en Italie avec les caractéristiques de ces anglais qui voyagent beaucoup mais sans se départir de leurs rituels, habitudes (thé, confort) et regards critiques sur ce qui les entoure mais avec souvent, peut être sans le vouloir car c’est dans leurs gènes je pense, une pointe d’humour et de dérision.

Ecriture fine, légère, pleine de gaieté qui vous fait pénétrer dès les premières lignes dans ces petits intérieurs feutrés mais où les langues sont bien pendues, on ne s’ennuie pas et par un jeu de fausses pistes on prend plaisir à suivre la destinée de chacune et chacun.

Un livre dans lequel il ne se passe rien de spécial mais que l’on ne lâche pas car on passe un bon moment à voir tous les protagonistes se démener, se contredire, changeant d’avis comme on boit une tasse de thé,  on se déconnecte de notre quotidien, on prend du plaisir sans se prendre la tête….. , c’est une histoire de quartier euh je veux dire de paroisse où tout le monde semble se connaître, où on intrigue, où l’on s’observe.

C’est pertinent, lucide et gai, Barbara Pym mériterait d’être plus connue et lue….

Ma note : ♥♥♥♥

Ciao

 

Casimir mène la grande vie de Jean d’Ormesson

CASIMIR MENE LA GRANDE VIE

Livre lu dans le cadre d’un Club de Lecture

4ème de couverture

Mon grand-père aimait le passé.
Moi, j’étais comme tout le monde: je préférais les filles, et les baiser. Je ne pensais à rien d’autre. Je venais d’avoir seize ans. J’étais en terminale. Je préparais le bac. L’école m’ennuyait à périr. Et la vie encore plus. Je détestais le lycée, les lundis, la roulette russe des examens et, plus tard, des concours, la sombre noria des jours. Je détestais plus encore le monde autour de moi et la vie devant moi.
Le monde me cassait les pieds, la vie me faisait peur.
L’avenir avait l’allure d’un éternel lundi, d’un bac sans cesse recommencé. De temps en temps, à la maison, un imbécile bénévole me demandait ce que je voulais faire lorsque je serais grand. J’étais déjà assez grand: j’avais un mètre quatre-vingt-neuf. Je le regardais avec fureur. Ce que je voulais faire ? Rien du tout, tête de lard. J’avais plutôt envie de mourir.

Mon avis

Je préfère préciser tout de suite que Jean d’Ormesson est un auteur que je ne lis pas ou peu…. Mon dernier essai de lecture était pour « Voyez comme on danse » récit que j’avais abandonné car j’avais trouvé l’écriture pompeuse et puis même si je reconnais beaucoup de qualités à l’auteur, le côté « nombrilisme » m’agace un petit peu.

Comme c’était un livre choisi dans le cadre d’un club de lecture (sûrement en raison du décès de l’auteur) et que je suis contentieuse, j’ai refait l’essai, un peu à reculons, mais j’ai été plutôt surprise et je suis allée jusqu’au bout.

Je pense qu’à travers Casimir et son grand-père, il y a beaucoup de Jean d’O. Ce récit est à classer dans la catégorie fable, un peu philosophique.

Casimir, son grand-père, Charles-Edouard, qui l’élève, l’ami de celui-ci Amédée Barbaste Zillouin (membre de l’académie des belles lettres), Adeline, la cuisinière, Erik et Leïla, les amis de Casimir, décident de devenir des Robins des Bois des temps modernes, de rendre justice . Punir les malfrats, les malhonnêtes, les magouilleurs, les profiteurs et les méchants, les tortionnaires, tous ceux qui passent à travers les mailles des filets de la justice ou qui s’en arrangent, voilà leur mission, artisanale au début mais qui très vite va prendre des proportions qu’eux-mêmes auront du mal à maîtriser.

Sur un ton vif, humoristique, Casimir, le narrateur qui a envoyé son récit à Jean d’Ormesson …….., nous décrit les aventures de ces doux dingues, qui ne cherchent pas dans un premier temps à tirer profit de leurs actes, ne recherchant qu’à appliquer une juste justice, mais très vite ils vont être débordés, le monde regorgeant tellement d’être malfaisants, et devant faire face à des frais ils vont se retrouver à la tête d’une entreprise de grande envergure, comportant soldats mercenaires. Oui car tout est fait en cohérence avec leur idéologie, bien sûr….. Mais à vouloir rendre justice, ils vont être confrontés à des situations clownesques, se retrouvant parfois à aider les tortionnaires d’hier…

Le grand-père est le maître du jeu, sympathique, aux idées très arrêtées, un peu vieille France, descendant d’une longue ligne d’aristocrates et de défenseurs de la femme et de l’orphelin, il a élevé Casimir après le décès de ses parents. Tout ce qui concerne la Querelle de Filioque (religion et mythologie), passion d’Amédée, m’a ennuyée mais elle est le prétexte à leurs réunions.

Pour équilibrer le récit il était nécessaire d’avoir leurs opposés : Erick et Leïla, lui trotskiste, elle kabyle et puis Adeline, la cuisinière, l’intendante, la catégorie bon sens et classe ouvrière, voilà un microcosme sociétal qui va porter l’épée quand la justice fermera les yeux ou que sa balance penchera du mauvais côté.

L’auteur étant très médiatique, on entend presque celui-ci au fil des pages mais on retrouve également ses domaines de prédilection : littérature (Chateaubriand), politique, mythologie, religion avec son oeil qui frise, détournant les faits, parfois tragiques, pour une tirer une fable sur le pouvoir, sur l’engrenage mais aussi sur les petits arrangements avec les évènements et la conscience mais avec l’humour et la dérision qui le caractérisent.

L’ensemble est fluide, il y a une progression et un entraînement à suivre ces galopins, de voir jusqu’où ils vont aller même si la fin est très morale (quoique). C’est une écriture avec de l’humour mais sur un fond réaliste sur notre monde. C’est aussi une belle histoire d’amour filiale, d’amitié entre tous les protagonistes.

J’ai aimé mais sans plus mais au moins je ne garderais pas une impression négative sur cet auteur sans que cela m’est donné l’envie de lire autre chose de lui.

Ma note : ♥♥♥

Ciao

 

 

 

Les fantômes du vieux pays de Nathan Hill

LES FANTOMES DU VIEUX PAYS

Résumé

Aux Etats-Unis, le gouverneur Packer, candidat à la présidentielle, est agressé en public par une femme d’âge mûr, Faye Andresen-Anderson. Les médias s’emparent de son histoire et la surnomment Calamity Packer. Seul Samuel Anderson, professeur d’anglais à l’université de Chicago, passe à côté du fait divers, trop occupé à jouer en ligne. Pourtant, Calamity Packer n’est autre que sa mère !

Mon avis

Cette lecture m’a été recommandée par une amie car je pense que de moi-même je ne serai peut-être pas aller vers ce gros pavé (660 pages).

Ce roman se lit comme une épopée de près de 50 ans d’une famille américaine. Le narrateur, Samuel, professeur de littérature, n’a plus de nouvelles de sa mère, Fraye, qui est partie sans explication alors qu’il n’avait que 11 ans et quand il a de ses nouvelles c’est par biais des informations : Calamity Parker, la femme qui a lancé des gravillons sur le gouverneur candidat à l’élection présidentielle, c’est elle Faye. Il va être obligé de quitter son clavier et sa manette de jeux vidéo pour venir en aide à cette femme qu’il ne connaît plus et trouver les clés de sa disparition.

Samuel songeait que le couple formé par son père et sa mère était le mariage d’une petite cuillère et d’un vide ordure. (p93)

L’agression du gouverneur est le fil rouge mais surtout le prétexte à une plongée dans la société américaine entre 1968 et 2011 : l’immigration, la guerre au Vietnam, les mouvements pacifistes, la place des femmes dans la société, leur éducation, leur émancipation mais aussi l’addiction d’une jeunesse aux jeux vidéos, à un monde virtuel, la guerre en Irak, la vieillesse etc…

Composé de 10 parties alternant les deux époques 1968/2011, l’auteur a un regard sans complaisance, lucide sur le monde d’aujourd’hui qui n’est que la conséquence du monde d’hier, sur la politique, les médias, la justice.

Connait-on bien ses parents, leur passé, leurs origines, leurs choix. Faire les bons choix par convenance, par soucis de répondre aux attentes des familles, pour être comme les autres ou par conviction ?

Le tout est bien ficelé, construit, avec quelques rebondissements et la résolution n’arrive qu’en toute fin. J’ai particulièrement aimé la partie concernant le grand-père de Samuel, Frantz, ses origines norvégiennes qui apportent une touche d’exotisme et de magie au récit mais aussi son parcours….. Les souvenirs qui le poursuivent et la présence de ces fantômes : chacun a les siens, son passé, son vécu, son ressenti. Est-on obligé de tout révéler, de tout savoir. Chacun a ses propres raisons mais il y a aussi ce qui résulte de la société, de l’éducation, des mentalités….

La recherche des motifs de l’agression va permettre à Samuel de comprendre qui il est, vraiment, revoir sa vie sous un autre angle.

Quand on échoue jamais dans rien, c’est qu’on ne fait jamais rien qu’on pourrait rater. Jamais rien de risqué (p285)

Comprendre plutôt que d’accepter, s’impliquer, l’influence des événements sur sa vie voilà les leçons de ce récit.

A travers l’histoire d’une famille de la middle-class américaine, le premier roman de cet auteur est une promesse car il y a de la maturité, du recul, quelques longueurs pour moi particulièrement concernant les parties sur les jeux vidéos (mais peut être parce que je ne suis pas une fan ni une pratiquante). Un voyage agréable dans une Amérique des contradictions, puritaine et excessive.

Ma note : ♥♥♥

Ciao

Une nouvelle année qui commence……

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Que cette nouvelle année vous apporte Bonheur, Douceur, Bien être.

Qu’elle soit riche de belles lectures riches en émotion et en découvertes.

Lire est un plaisir certes solitaire dans un premier temps mais ensuite il y a le partage,  l’envie de faire découvrir à d’autres, l’enthousiasme.

Que 2018 soit riche de tout cela et de bien d’autres choses pour nous lecteurs et lectrices passionnés.

Croire au merveilleux de Christophe Ono-Dit-Biot

CROIRE AU MERVEILLEUX

Difficile de dire ce que j’ai ressenti à la lecture de ce roman mais pour une première lecture de cet auteur que je ne connaissais pas ou alors uniquement de nom, j’en ressors dubitative.. Alors comme je suis curieuse de nature et préfère me faire mon propre jugement, j’ai eu l’opportunité de lire celui-ci dont le titre, je dois l’avouer m’attirait…. Croire au merveilleux ! Qui n’a pas envie de croire au merveilleux surtout en cette période de fêtes ? Cela donne envie non …..

Heureusement il s’agit d’un court roman….. 179 pages ! S’il avait été plus long je ne pense pas que je serai allée jusqu’au bout.

En résumé il s’agit de César qui se retrouve seul avec son fils de 6 ans après la mort de sa femme Paz (suicide, accident ?) et décide de mettre fin à ses jours car la vie a perdu son sens sans elle. Mais sonne à la porte une voisine, Nana qui va lui redonner de l’espoir.

Bon je ne suis pas trop versée dans la littérature mythologique, la Grèce etc…. mais je m’en suis sortie malgré tout et je voulais aller jusqu’au bout pour connaître le but de ce récit….. Bon je ne vous révèle rien mais en fin de compte : tout ça pour ça et puis une fin rocambolesque. Pas grand intérêt…..

Même pas un joli passage à relever, on y trouve des réflexions sur les attentats, sur le père (bien qu’ici le pauvre enfant heureusement qu’il a des grand-parents), un voyage en Grèce puis plus tard au Japon, une voisine assez spéciale.  Les dieux grecs, la mythologie transposée à notre époque…… Je n’ai pas réussi à m’intéresser à cet homme qui vivait pourtant un épisode douloureux avec des projets funestes mais l’écriture reste distante, pas impliquée, facile, des tournures de phrase parfois faciles.

Il n’y a pas de chaleur, c’est assez froid, impersonnel. Pas d’émotion.

Désolée mais je ne finis pas l’année avec une belle lecture…… Ce sera peut être la prochaine

Ma note : ♥♥

Ciao