Le livre des Baltimore de Joel Dicker

LE LIVRE DES BALTIMORE

J’ai hésité à lire le troisième roman de Joel Dicker, romancier suisse de 31 ans (La Vérité sur l’affaire Harry Québert, gros succès mérité à mon goût il y a 2 ans, et les Derniers Jours de nos Pères, roman historique paru en 2015 également mais que je n’ai pas lu et d’ailleurs pas entendu parler à sa sortie. 

Hésitante car j’ai souvent été déçue par un roman publié après un gros succès littéraire : soit il était une pâle copie du succès, soit il reprenait les mêmes ressorts et n’offrait donc pas un grand intérêt pour moi (j’aime aime surprise par les écrivains, qu’ils sachent se renouveler et pas seulement exploiter le filon…..).

Joel Dicker est pour moi un formidable conteur et écrivain, dans chacun de ses livres, on vit le livre : on se projette dans l’histoire, on voit les lieux, on imagine les visages, l’ambiance etc…. Moi j’ai vécu au sein des familles Goldman pendant tout le livre. 

L’histoire : 

On retrouve le héros du précédent roman, La vérité sur l’affaire Harry Québert mais dans un tout autre contexte de son premier roman qui était lui un roman sur une enquête policière concernant son ancien Professeur bien qu’ici aussi il y ait une forme d’enquête mais plutôt familiale. 

Marchus , romancier, narrateur du livre comme dans le précédent est en période d’écriture et sous le regard de son voisin Léo il s’attelle à la tâche et pour cela il revient dans une des maisons de son enfance. 

Ici Marcus Goldman, nous retrace son enfance et son adolescence au sein des Goldman de Montclair car il y a Goldman et Goldman. 

Lui fait partie de la branche Goldman «classe moyenne » vivant à Montclair dans le New Jersey. Famile aimante mais sans grand attrait aux yeux de Marchus alors que son père a un frère, Saul, avocat a la carrière exceptionnelle, qui lui est à la tête des Goldman de Baltimore, fortuné et vivant dans le luxe de ses différentes demeures au fil des saisons : Miami, Floride, Les Hamptons. Ceux-ci accueille à chaque vacance Marchus dans leurs différentes résidences où il vit une vie de rêve auprès de son cousin Hillel. 

Les GOLDMAN/BATIMORE sont une famille unie : Anita la mère, médecin, Hillel cousin de Marchus, brillant enfant surdoué mais a la constitution fragile, persécuté dans son école, du même âge que Marchus et Woody, enfant qu’ils ont adopté et qui est extrêmement attaché à Hillel, qui deviendra son protecteur et qui aura une place de fils dans la famille. 

Une très belle amitié lie les 3 garçons qui formeront le Gang des Goldman . Arrivera Alexandra dont les 3 garçons tomberont amoureux, sans se le dire et qui provoquera ainsi les premiers secrets au sein du trio et qui deviendra une chanteuse à succès mais gardera des liens très forts avec le trio. 

En plus de nous raconter leur amitié, Marchus nous fait partager l’histoire de ses grand-parents, la fortune familiale son origine, pourquoi une branche de la famille a mieux réussi que l’autre, pourquoi certains ne se voient plus, ne se parlent plus. Pourquoi des différences apparaissent pendant les réunions familiales (les apparences sont parfois trompeuses mais la vérité n’apparaîtra qu’à la fin du roman). 

Dès le début de l’histoire on apprend qu’un Drame est survenu 8 ans auparavant et par un habile jeu de retours en arrière, où j’avais un peu peur de me perdre mais qui est très bien maîtrisé, on suit conjointement le Marchus actuel et le Marchus jeune, on découvre les secrets, les non-dits, les révélations et celui-ci va chercher dans le passé mais aussi dans le présent les réponses pour comprendre ce qui a pu basculer jusqu’au Drame dans cette famille si heureuse. La réussite est-elle gage de bonheur ? 

Pourtant tout semblait leur réussir : ils rêvaient de devenir écrivain, footballeur, chanteuse ou avocat, ils avaient tout pour être heureux, ils fréquentaient les meilleures écoles, avaient l’amour de leurs parents et proches, 

On découvre au fil des pages que des drames vont survenir mais par le jeu de l’écriture, le jeu du page-turner il nous emmène dans sa quête de la vérité. Son passé, ses rencontres, ses amitiés et son amour pour Alexandra ont fait de lui ce qui l’est et il a besoin de comprendre pourquoi tout a basculé dans ce monde qui lui semblait si idyllique. 

Marchus va découvrir que ce qu’il voyait, vivait n’était pas toujours la réalité, que chacun a sa vérité, ses ambitions, ses fêlures. 

Jusqu’au bout on est dans l’attente : que se soit dans le présent ou dans le passé tout n’est pas toujours ce que l’on croit. 

Comme dans son précédent roman, Joel Dicker nous raconte l’Amérique : de la fin des années 80 au début des années 2010 : l’ascension, la réussite, la compétition y compris entre frères, le malheur et la chute. le silence, l’interprétation, l’absence de parole et d’échange, la division, y compris au sein même d’une famille.

Le show business, les apparences, l’amitié, les différences : sociales, humaines, la fragilité de l’existence, tout est décrit, la réussite mais aussi la chute.

Durant la lecture de ce roman j’ai été transporté dans ces deux familles, je suis partie à la quête comme le narrateur de la vérité, en sachant dès le début que sous cette image de bonheur de paradis couvait le Drame. 

Joel Dicker abordent également des réflexions sur nos vies :

 

Les livres et leur évolution : 

« Dans vingt ans, les gens ne liront plus. C’est comme ça. Ils seront trop occupés à faire les zozos sur leurs téléphones portables. Vous savez, Goldman, l’édition c’est fini. Les enfants de vos enfants regarderont les livres avec la même curiosité que nous regardons les hiéroglyphes des pharaons. Ils vous diront: « Grand-père, à quoi servaient les livres? » et vous leur répondrez: « A rêver. Ou à couper des arbres, je ne sais plus. »

« Les livres sont plus forts que la vie. Ils en sont la plus belle des revanches. Ils sont les témoins de l’inviolable muraille de notre esprit, de l’imprenable forteresse de notre mémoire »

Les stars

 » Il y a eu une époque où les vedettes de l’Amérique étaient des cosmonautes et des scientifiques. Aujourd’hui, nos vedettes sont des gens qui ne font rien et passent leur temps à se photographier, eux – mêmes ou leur assiette. »

Mais aussi sur le sens de la vie et de sa philosophie

« Beaucoup d’entre nous cherchons à donner du sens à nos vies, mais nos vies n’ont de sens que si nous sommes capables d’accomplir ces trois destinées : aimer, être aimé et savoir pardonner. Le reste n’est que du temps perdu. »

Inutile de vous dire que j’ai beaucoup aimé ce livre. 

Ciao

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