Lucie ou la vocation de Maëlle Guillard

LUCIE OU LA VOCATION

Livre lu dans le cadre du Prix Meilleur Roman Points 2018

« Il ne faut pas vous en faire, au Carmel, ce sont les trente premières années qui sont les plus difficiles. » Alain Cavalier (Thérèse).

Voilà le décor est planté……

Lucie, étudiante en khâgne, rend visite depuis plusieurs mois à une communauté de religieuses avec Mathilde, une amie de promotion. La jeune fille pleine de doutes sur son avenir, ses capacités et les enjeux entre étudiants, rêve de grandeur, d’amour absolu, de passion. 

Elle fait le choix de se consacrer à cet idéal, le Christ (mais le choix de la religion catholique est-il délibéré de la part de l’auteure ?), son Modèle, son Amour, elle qui a tant souffert de l’absence de son père décédé dans l’ascension d’une montagne, sa passion à lui, dont elle garde très peu de souvenirs à part le vide qu’il a laissé.

Mais Lucie devenue Marie-Lucie au sein de la congrégation va se voir confronter à un monde clos bien loin de ce qu’elle imaginait….. Tâches ingrates, répétitives sans intérêt autre que l’humiliation, l’oubli de soi, jusqu’à son apparence. Elle va aller de désillusions à ambition, de souffrance à envie de liberté. Mais Lucie est une soumise, elle ne se révolte pas, elle accepte, comme un long chemin de croix toutes ces déconvenues pour aboutir, pense-t-elle au Graal de l’Amour Suprême.

Sur 10 ans nous la suivons sur cette lente intégration, semée d’embûches et elle devra au final faire à nouveau un choix : écoutera-t-elle la raison, la passion ou son coeur ?

Fais donc ce dont tu as profondément envie ! La vie est courte, elle ne doit pas être une punition.(p200)

J’ai tout de suite été attirée par ce livre pour débuter ma participation au Prix Meilleur Roman Points 2018 et je suis en fin de compte assez déçue par ma lecture. Il s’agit en fin de compte d’une sorte de polar religion/manipulation psychologique.

Bien sûr il y est question de la vie communautaire religieuse mais sous un aspect presque sectaire où les intérêts ne sont pas religieux même s’ils en sont le prétexte mais j’espérais un récit sur l’entrée en religion d’une jeune femme, son parcours, ses désillusions certes mais aussi ses joies, son isolement, son intégration ou non au sein de la communauté.

Le récit se fait à deux voix : Lucie mais aussi Juliette, son amie d’enfance qui n’accepte pas la perte de son amie, son éloignement et ne comprend pas ses choix. Elle fera son possible pour, non seulement, restée proche d’elle et ne pas rompre le lien qui les unit mais aussi lui ouvrir les yeux.

Les relations entre les différents personnages, essentiellement féminins : Mathilde, Soeur Marie-Thérèse, Juliette, Lucie, sa mère et sa grand-mère, ainsi que le père Simon, éminence grise, manipulateur, comptant sur la foi des ouailles mais aussi sur leurs côtés plus sombres : ambition, rancoeur, jalousie, pouvoir, pour déplacer ses pions.

Je n’ai pas été convaincue par les ressorts de l’histoire. Lucie rentre dans les ordres par amour du Seigneur mais surtout par l’attrait de la sérénité des lieux où elle se rend régulièrement en observatrice. Elle cherche un refuge, une douceur, une sécurité qui la protègent de la dureté de ses études et de la compétition mais aussi peut-être pour y trouver une image paternelle qui lui manque, un guide….

Le basculement dans une sorte de thriller psycho-manipulation sectaire ne m’a ni convaincue, bien que possible, ni émue, ni passionnée. Etait-il nécessaire d’en arriver là alors que le début du récit sur sa vocation, ses doutes sur ses choix, sur le regard de ses proches, son engagement paraissait intéressant et original car peu traité à mon avis, la suite et fin se révélant décevantes, cousues de fil blanc et dignes d’une série B, fort convenue dans le genre et je n’ai eu qu’une envie c’est d’en sortir.

Les deux voix, celle de Lucie pénétrée de l’amour qu’elle ressent et celle de Juliette, qui tout au contraire ne voit que la perte d’identité de son amie et son renoncement auraient mérité une meilleure exploitation  avec un effet de miroir dans les attentes, les doutes, les questionnements d’une novice face à son amie qui est son opposée. Une partie de roman est intéressante mais pourquoi l’avoir fait basculer dans une manipulation aussi grossière, qui n’apporte rien et à laquelle on n’adhère que difficilement.

Se lit facilement, écriture agréable, fluide. les chapitres courts, alternant les deux amies, mais on referme le livre en se demandant quel était le but de l’auteure ? Assimiler la religion à une manipulation psychologique à des fins crapuleuses……. Oui mais alors de manière plus subtile, insidieuse. On ne comprend pas qu’une étudiante brillante accepte toutes ces brimades, ces comprimés, ces étouffements alimentaires et psychiques sans révolte.

Un premier roman, pour moi peu convaincant, ayant choisi un final un peu en queue de poisson, comme si elle avait eu l’idée du sujet mais pas la façon d’en venir à bout

Ma note : ♥♥

Ciao

2 réflexions sur “Lucie ou la vocation de Maëlle Guillard

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