América N° 7 de François Busnel et bien d’autres

AMERICA 7

Ma lecture

Il était une foi en Amérique ….. tel est le thème central de ce numéro 7 et nous avons tous remarqué que la religion, dans beaucoup de pays et particulièrement là-bas tenait une place importante, comprendre comment celle-ci influence la société et la politique américaine, voilà qui est intéressant. Mais comme toujours, il y a bien plus que cela dans ce magazine à la couverture orange, orange comme le teint du N° 45, orange comme la couleur de l’automne…..

La lecture de ce genre d’ouvrage a de nombreux intérêts : elle nous éclaire sur certains aspects que nous connaissons peu ou mal, mais elle nous révèle également des personnes sous un autre jour. Et ce fut le cas pour moi pour le grand entretien (peut-être une de mes rubriques préférées) de Patti Smith. Quelle belle interview, abordant toutes les facettes de son univers : artistique, politique, sociétal, qui m’a permis de chasser l’image « border line » (ne me demandez pas pourquoi) que j’avais d’elle et la découvrir sous une face sensible, avec un regard sur sa jeunesse, sur toute une génération, sur son travail, ses rencontres et l’Amérique d’aujourd’hui.

Orange je disais plus haut, et oui « Orange is the new black » par Richard Powers, qui alerte régulièrement sur la mort progressive de la nature et donc de notre monde et s’indigne de l’attitude de sa présidence :

L’Amérique peut avoir une grandeur de la couleur de son choix, tan qu’elle est dominatrice, unilatérale, incontrôlée et blanche. (p16)

Ensuite une longue plongée dans le vif du sujet : Il était une foi en Amérique avec les différents courants religieux et pour ma part j’ai particulièrement aimé les articles de Philippe Claudel : « Amish, le temps suspendu », communauté qui m’a toujours intéressée et intriguée et j’ai trouvé les reproductions de tableaux particulièrement appropriées sur l’ambiance que dégage ces communautés. (photographies tirées de la série Detachment de Nicolas Dbervillers).

Vous avez remarqué, les Américains ils sont toujours là à sourire, partout, à tout, à tout le monde, tout le temps. Mais derrière le sourire, pas de sincérité. Pas de plaisir. Pas d’émotions. Rien. Le sourire, c’est le vernis social. La convention. Derrière, on cache tout. Le vrai, la douleur. Les questions. les révoltes. Les rancœurs. Les problèmes. Les haines. 

Dans leur bouffe, c’est pareil avec le ketchup. Tout est planqué derrière : les goûts, les saveurs, les subtilités, les amertumes. On ne sent plus rien. (p80)

Article de Tara Westover : « Une enfance chez les mormons » élevée dans cette religion et qui revient sur son éducation et comment elle s’en est émancipée.

Il ne pouvait me dire qui j’étais, ou ce que j’étais. A la fin, c’est en moi que résiderait le pouvoir terrible, merveilleux, immuable de façonner la forme de ma vie. (p99)

Comme dans chaque numéro rendez-vous avec la chronique du bocal (savoureuse comme à chaque fois) et le reportage photo ce trimestre sur l’Amérique immobile de Nadav Kander qui capturent le passage des hommes dans des immensités.

Une nouvelle inédite de JD Salinger et en fin de magazine, comme à chaque fois une plongée dans une des grandes villes américaines : San Francisco par un écrivain et c’est François-Henri Désérable qui nous balade dans ses rues, dans son passé et son présent, parfois bien loin de l’image que l’on s’en fait.

Ce qu’il faut retenir de tout ça, c’est qu’avant, pour faire fortune à San Francisco, on arrivait des quatre coins du monde avec son tamis, ses pelles et ses pioches, on allait se pencher sur la rivière, et au boulot. Aujourd’hui, on arrive des quatre coins du monde avec son Mac, on s’enferme dans un sous-sol, et on passe ses journées à pondre des algorithmes. (p154)

Rubrique cinéma et série et en final, comme toujours revenir sur un écrivain et un de ses plus romans et John Steinbeck est à l’honneur dans celui-ci…. Un de mes auteurs cultes avec Les raisins de la colère….. Coïncidence avec l’actualité en pleine période de révoltes, de crise….. Toujours terriblement d’actualité.

Je referme le magazine avec toujours le sentiment de comprendre un peu mieux à travers les plumes d’auteurs, l’œil de photographes, l’histoire, les romans et le cinéma ce qu’est l’Amérique.

Un magazine utile et je dirai presque nécessaire car nous avons tous des clichés sur ce grand pays et pouvoir entendre différentes voix, courants, mieux connaître ce qui a été, ce qui est, pour pouvoir la regarder, l’écouter et ne plus fermer les yeux.

J’attends le prochain numéro…..

Mon avis : 📕📕📕📕

Les Editions America – Octobre 2018 – 194 Pages

Ciao

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