L’accompagnatrice de Nina Berberova

Résumé

L'ACCOMPAGNATRICEPétersbourg, 1919. La neige. Le silence. Le froid et la faim. Les pieds qu’on n’a pas lavés depuis un mois. Les fenêtres bouchées avec des chiffons… J’entre dans l’immeuble. Il fait chaud ! Des tapis, des rideaux, un coffret de cigarettes précieuses. Un chat bleu fumé. Et une femme. Belle, grande, robuste. Des cheveux noirs bien coiffés. Le visage rond et beau, les yeux noirs. Tout en elle dit l’équilibre mystérieux, beau et triomphant. Elle chante et je serai son accompagnatrice. C’est cette vie que je vais m’acharner à détruire. Parce qu’elle est belle, talentueuse, et que je ne suis rien. Parce qu’elle est forte et qu’elle rayonne. Parce qu’elle m’aime et que, moi, je ne comprends même pas ce que cela veut dire..

Ma lecture

Je n’ai rien lu de cette auteure, la littérature russe est un domaine où je me plonge que très rarement…..  Et bien ce fut une belle et singulière découverte.

Dans ce court roman, la narratrice, Sonetchka, relate ses origines très modestes, née de père inconnu (mort d’après sa mère) et élevée dans le dénuement le plus complet au moment de la révolution de 1919 à St Petersbourg par sa mère, professeur de piano qui lui donna le goût de la musique et  grâce à cela elle devint l’accompagnatrice d’une riche cantatrice Maria Nikolaevna Travina.

Elle qui n’a connu que la misère va se trouver projeter dans un monde qu’elle ne pouvait imaginer un jour côtoyer de par ses origines, va voyager à travers l’Europe, vivre dans l’ombre de la soprano et de son mari Pavel Fedorovitch. Elle qui a sacrifié famille et amour, va découvrir que celle qu’elle idolâtrait tant mène une double vie avec un mystérieux Bert…..

La jeune fille naïve et sensible va se transformer en détective n’écoutant que sa curiosité et sa rancœur, vivant cette relation comme une trahison, et se lancer à la poursuite dans Paris à la poursuite des amants, furetant pour trouver indices et preuves, qui vont faire monter en Sonetchka des sentiments qu’elle ne connaissait pas jusqu’à maintenant et va mener au drame. Celle qu’elle a tant aimée va devenir un objet de jalousie presque jusqu’à la haine.

Il est précisé roman, mais on pourrait presque parler de nouvelle tant le récit est court, concis et vivant malgré la forme narrative presque totale. On assiste à la transformation de la jeune fille pas à pas, peut-être à force d’isolement, de remarques blessantes, d’avoir le sentiment de ne pas faire partie du même monde que ses employeurs, la révolution bolchévique mettant à jour l’injustice des classes sociales…..

Nina Berverova transcrit avec une écriture fluide, vive, toute l’ambiguïté des sentiments qui lient les deux femmes mais surtout ceux de Sonetcka : amour/haine, envie/jalousie vis-à-vis de Maria, atteignant son paroxysme quand celle-ci fera le choix du bonheur.

Je ne me suis pas rendue compte, qu’une fois terminée, à quel point l’histoire m’avait emportée et dont je voulais connaître l’issue, à la manière des drames russes, où amour et violence cohabitent souvent.

Première lecture de cette auteure, que je ne connaissais pas du tout, même de nom mais lecture qui donne envie de lire autre chose d’elle, tant son écriture est efficace.

Traduction de Lydia Chweitzer

Editions Actes Sud – Novembre 1988 – 109 pages

Ciao

2 réflexions sur “L’accompagnatrice de Nina Berberova

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