Moon palace de Paul Auster

MOON PALACERien ne saurait étonner un Américain. » Telle est l’épigraphe empruntée à Jules Verne par laquelle Paul Auster invite le lecteur à suivre les tribulations de son héros. Marco Stanley Fogg raconte ici les circonstances étranges qui ont marqué le commencement de sa vie, depuis son arrivée à New York en 1965 jusqu’à ce que, sept ans plus tard, il découvre l’identité de son père… à temps pour assister à son enterrement. Et ses amours, ses rencontres, sa misère, ses errances dans les paysages mythiques de l’Amérique rêvée constituent le matériau d’un formidable roman d’aventures en même temps qu’elles apparaissent comme les étapes d’un voyage initiatique aux confins de la solitude et de la déréliction.

Ma lecture

Toujours faire confiance à l’auteur surtout quand on l’apprécie, et c’est le cas depuis ma rencontre avec Paul Auster, dont j’ai aimé ses romans : 4.3.2.1., Trilogie New-Yorkaise et surtout Le livre des illusions, peut-être mon préféré bien que 4.3.2.1. tienne la corde mais peut-être dû au fait qu’il est celui de ma rencontre avec cet auteur.

Moon palace, une enseigne que Marco Stanley Fogg ou M.S. Fogg ou Philéas, comme le surnomma Victor, son oncle clarinettiste qui l’éleva en hommage au Tour du monde en 80 jours, voit de sa chambre clignoter au loin et qui sera le fil conducteur du roman.

MOON PALACE. Je la reconnaissais comme celle du restaurant chinois au coin de la rue, mais la violence avec laquelle ces mots m’assaillaient excluait toute référence, toute association pratique. Suspendues là, dans l’obscurité, comme un message venu du ciel même, ces lettrés étaient magiques. MOON PALACE. (p28)

Moon objet de toutes les attentions en cette année 1969 où des hommes ont marché sur cet astre mais aussi symbole repris dans nombres des histoires narrées dans ce roman. Car il ne s’agit pas d’une histoire mais de plusieurs histoires et Paul Auster est un conteur hors pair qui, même si vous avez, comme moi, eu parfois le sentiment d’être perdue, si vous avez cherché à savoir où vous mène le récit, lui Paul Auster le sait.

A la fois roman initiatique, quête d’identité, découverte de personnages tous mystérieux, hors normes, avec des intrigues qui ne trouvaient pas toujours une fin. Mais que voulait-il me dire l’auteur en empruntant tous ces chemins de traverses dans ses histoires qui ressemblaient parfois à des contes ? J’y retrouvai ses totems habituels : New-York, l’art, la littérature, le sport, les questionnements sur les chemins de vie empruntés, la filiation, les doutes mais aussi la détermination de son Philéas Fogg à découvrir qui il était vraiment, allant du plus pur dénuement,

Nul ne pouvait me regarder sans ressentir de honte, de colère ou de pitié. J’étais la preuve vivante que le système avait échoué, que le pays béat et suralimenté de l’abondance se lézardait enfin. (p72)

à l’assistanat d’un vieillard irascible, Thomas Effing, qui tiendra un rôle clé dans son destin, croisant un Zimmer, ami fidèle, une Kitty, amoureuse chinoise et un Barber, un homme hors normes, mais surtout n’imaginant pas ce que la vie lui réservait. Le destin, les hauts et les bas de l’existence, sont les thèmes récurrents de l’auteur pour mener à la conscience de soi.

Certes certains passages m’ont paru peut-être un peu longs, parfois passionnants tel que celui sur Ralph Blackelock, peintre à la personnalité peu ordinaire et l’exploration de sa toile Clair de lune m’a tellement intéressée que je suis allée chercher sur le net une représentation correspondant tout à a fait aux descriptions et pour découvrir la biographie de son auteur.

CLAIR DE LUNE

C’est cela un roman de Paul Auster, c’est un voyage dont lui seul est le guide et si je ne commençais pas à connaître son processus d’écriture, sur sa manière de penser et d’arriver à son but, je crois que j’aurai abandonné ma lecture. Mais il y a quelque chose d’hypnotique désormais qui me retient : je sais que tous les chemins empruntés ont une raison d’être et qu’à la fin je découvrirai comme M.S. Fogg le sens de tout cela.

C’est un enchaînement de connexions manquantes ou mal synchronisées, de tâtonnements dans l’obscurité. Nous nous trouvions toujours au bon endroit au mauvais moment, nous nous manquions toujours à peine, toujours à quelques millimètres de comprendre la situation dans son ensemble . Cette histoire se résume ainsi je pense. Une série d’occasions ratées. Tous les morceaux se trouvaient là dès le début, mais personne n’a su les rassembler.  (p259-260)

C’est un roman sur le recherche de soi, un voyage à la fois intérieur mais aussi un incroyable voyage dans le temps, dans l’espace et dans la création où tout à son importance, allant jusqu’à parfois  disséquer les mots pour nous en montrer toute la substance (jeux de mots).

Peut-être pas mon préféré de cet auteur mais je suis très admirative de la construction du récit, de la conjonction des routes prises et de la qualité à la fois de l’écriture, de la recherche des détails pour étayer son propos et de m’avoir malgré tout tenu éveillée, attentive à ce qu’il voulait me révéler.

Traduction de Christine Le Bœuf 

Le livre de poche – 1993 (1ère parution E.U. 1989 – Actes Sud 1990)

Ciao

10 réflexions sur “Moon palace de Paul Auster

  1. J’ai dû relire mon (vieux) billet, je ne me souvenais plus de ce que j’en avais pensé ! Pas mon préféré non plus, donc, apparemment j’avais trouvé la dernière partie trop longue et prévisible… et c’est aussi Le livre des illusions qui emporte à ce jour ma préférence (il faudrait que je le relise, d’ailleurs). Je n’ai pas encore lu 4 3 2 1, mais il est sur ma PAL..

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  2. Je n’ai jamais lu Paul Auster bien que je sois très attirée par cet auteur suite à un documentaire (sur Arte, l’année dernière je crois, je l’ai vu 2 fois). Il m’avait vraiment donné envie de le lire (notamment 4.3.2.1), mais je note également « Le livre des illusions » qui a l’air de fédérer dans les commentaires !

    Aimé par 1 personne

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