Les petits riens de la vie de Grace Paley

 

LES PETITS RIENS DE LA VIE IG

Quatrième de couverture :

« Une douzaine de nouvelles qui sont d’une lecture désopilante. Des histoires de femmes de tous âges, racontées à la première personne par un écrivain qui sait raconter et qui s’est forgé un style tout à fait original et personnel. »  Nicole Zand, Le Monde

«Avec Grace Paley, on ne saura jamais si le monde est un sujet de cafard ou de rigolade…. Grace Paley, c’est Sallinger au féminin.» Frédéric Ferney, Le Nouvel Observateur

Ma lecture

Lire est une mine…. Une lecture peut vous amener à une autre et vous enjoindre à ressortir un ouvrage acheté il y a des années et jamais ouvert. C’est ce qui est arrivé avec ce recueil de nouvelles. Lors de ma lecture de Carnets de New-York de Paolo Cognetti il évoquait cette écrivaine lors de sa visite du Greenwich Village car elle participa, entre autre, à un comité de défense, en 1958, pour sauvegarder un coin de verdure dans ce quartier. Elle fit du Washington Square son lieu de rencontre et d’observation privilégié pour écrire. Voilà comment il l’a décrivait, elle et son travail d’écrivaine :

« Elle s’essaya à l’écriture en racontant ce qu’elle voyait tous les jours : les jeunes mères et épouses débutantes, et leurs « petits riens de la vie« , les maris absents – qui pouvaient être au bar, au travail, au front ou au lit avec une autre -, la difficulté d’être une femme en Amérique après la guerre. Elle se présentait comme écologiste et pacifiste, féministe amoureuse des hommes et anarchiste coopérative. (…) C’est sa voix, plus encore que ses nouvelles, qui reste gravée dans ma mémoire. la voix des ruelles de New York du vingtième siècle, un mélange de yiddish, d’italien, d’espagnol et d’afro-américain, comme ce genre de jazz qui n’a de cesse de sangloter et de crier sa colère, qui refuse de se laisser enfermer dans un rythme puis s’abandonne tout à coup à des mélodies d’une rare douceur.  » (p86-87-88 Carnets de New-York)

Comment résister à un tel appel d’autant que ces mots firent ressurgir en moi un vague souvenir d’avoir ce recueil de nouvelles dans ma bibliothèque, jamais lu (pourquoi ? Réponse : parce que je ne lis que très peu de nouvelles). Et comme il n’y a pas de coïncidences mais que des rencontres, un challenge sur le thème des nouvelles allait m’offrir l’injonction de m’y plonger.

Paolo Cognetti résume très bien l’essence des douze nouvelles : des histoires de femmes principalement mais dans lesquelles les hommes ont bien sûr une place prépondérante (et pas la meilleure généralement) car souvent la cause de leurs sourcis. Elles sont jeunes ou plus très jeunes, elles sont abandonnées parfois parce que plus très séduisantes après x maternités et que Monsieur préfère retrouver une jeunette pour se sentir rajeunir, elles repensent parfois à leurs amours d’antan ou de ce que leurs vies auraient pu être si elles avaient fait un autre choix etc….

J’ai eu le sentiment d’entrer dans une cour d’immeuble et d’écouter les récits de ces femmes se racontant de fenêtres  ouvertes à fenêtres ouvertes de chaque appartement. La vie y est chiche, difficile, le parler est celui de la rue, de la vie de tous les jours, teintée de traditions juives, de croyances, de on-dit. L’auteure leur offre l’opportunité de raconter leurs quotidiens, les remarques pas toujours valorisantes qu’elle ont entendues mais certaines avouent leurs écarts dans le couple avec une franchise désopilante. Elles sont entre femmes, ça papote, ça avoue et ça libère.

Ce n’est jamais triste même si certains propos peuvent nous choquer mais elles ont été écrites dans les années 1950 et la libération de la femme n’était pas encore d’actualité dans ces années d’après-guerre où la priorité était d’avoir survécu.  Il y a de l’ironie et de la combattivité dans les réactions, elles ne se laissent pas abattre et d’ailleurs elles n’ont pas le choix car elles ont la charge des enfants, d’un foyer.

Ce fut une lecture en demi-teinte car j’en suis ressortie les oreilles bourdonnantes de toutes ces femmes s’exprimant dans une écriture un peu hachée, des phrases courtes et restituant un parler auquel nous ne sommes peut-être plus habitué et au final j’ai un peu de mal à resituer chacune d’entre elles, mais plus un sentiment général.

Par contre si c’est pour découvrir et s’imprégner d’une vie de quartier populaire juif américain revendiquant parfois sa juste place et son droit du sol, c’est la lecture idéale grâce à une galerie de portraits savoureux mais que je ne suis pas sûre de retenir au fil du temps.

J’ai aimé.

Lu dans le cadre du challenge Mai en Nouvelles organisé par Hop sous la couette (Marie-Claude) et La nuit je mens (Electra)

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Traduction de Claude Richard

Editions Rivages poche – 1989 – 170 pages

Ciao 📚

16 réflexions sur “Les petits riens de la vie de Grace Paley

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