La félicité du loup de Paolo Cognetti

LA FELICITE DU LOUPE IG

Fausto a quarante ans, Silvia en a vingt-sept. Il est écrivain, elle est artiste-peintre. Tous deux sont à la recherche d’un ailleurs, où qu’il soit. Alors que l’hiver s’installe sur la petite station de ski de Fontana Fredda, au cœur du val d’Aoste, ils se rencontrent dans le restaurant d’altitude Le Festin de Babette. Fausto fait office de cuisinier, Silvia, de serveuse. Ils se rapprochent doucement, s’abandonnant petit à petit au corps de l’autre, sans rien se promettre pour autant. Alors qu’arrive le printemps et que la neige commence à fondre, Silvia quitte Fontana Fredda pour aller toujours plus haut, vers le glacier Felik, tandis que Fausto doit redescendre en ville rassembler les morceaux de sa vie antérieure et finaliser son divorce. Mais le désir de montagne, l’amitié des hommes et des femmes qui l’habitent et le souvenir de Silvia sont trop forts pour qu’il résiste longtemps à leur appel.

Je résume

Fontana Fredda – Vallée d’Aoste. Dans ce petit village montagnard certains y vivent depuis longtemps comme Santorso, ancien garde forestier, Gemma, une vieille femme vivant depuis toujours dans le village ou Babette et puis il y a les autres sont, ceux de passage, le temps d’une randonnée ou d’une saison comme Faust, 40 ans et Silvia, 27 ans. Faust est le « chef » cuisinier au Festin de Babette, le petit restaurant appartenant à Babette même s’il n’en a pas toutes les qualifications et où Silvia sert en salle. Faust et Silvia vont se rapprocher et trouver un peu de chaleur et imaginer qu’un avenir est possible dans cette région où ils étaient venus se réfugier.

Ma lecture

Fausto avait lu quelque part que les arbres (…) ne pouvaient chercher la félicité autre part.(…) Un arbre vivait là où sa graine était tombée, et pour être heureux, il devait faire avec. Ses problèmes il les résolvait sur place, s’il en était capable, et s’il ne l’était pas il mourait. Le loup obéissait à un instinct moins compréhensible. (…) Il arrivait dans une vallée, y trouvait peut-être du gibier à foison, portant quelque chose l’empêchait de devenir sédentaire, et tôt ou tard il laissait tous ces cadeaux du ciel et s’en allait chercher la félicité ailleurs. Toujours par de nouvelles forêts, toujours derrière la prochaine crête, après l’odeur d’une femme ou le hurlement d’une horde ou rien d’aussi évident emportant dans sa course le chant d’un monde plus jeune, comme l’écrivait Jack London (p205)

Cet extrait résume à lui seul l’essence de ce roman où certains humains adoptent pour vivre le comportement de l’animal qui vient parfois hanter les lieux.

Paolo Cognetti fait de la montagne le lieu de prédilection de ses romans même si les voyages et la littérature sont également jamais bien loin faisant de ses thèmes les toiles de fond de ses ouvrages comme dans Huit Montagnes ou Les carnets de New-York.

Dans ce nouveau roman dès la couverture on comprend qu’à nouveau la montagne sera présente et je dirai même qu’elle va prendre toute la place même si le but de l’auteur est de nous faire découvrir le microcosme sociétal que forment les habitants d’un petit village encerclé par les monts, les forêts mais également la vie de ses âmes isolées une partie de l’année par la neige. Alors, comme j’avais beaucoup aimé ces deux précédents ouvrages, je ne pouvais passer à côté de celui-ci et je dois avouer que j’ai une petite déception car je n’y ai pas retrouvé la puissance évocatrice des thèmes abordés ni les sentiments (et surtout la passion) qui transpiraient dans les deux ouvrages déjà lus

Ici il s’agit ici de mettre en scène la vie d’un petit village où ne subsistent que quelques habitants qui vivent, comme les mélèzes qui les entourent, enracinés à leur terre natale car pour y vivre il faut y avoir puiser la sève nourricière nécessaire pour affronter les rigueurs à la fois des longs hivers mais également de l’isolement et de la nature où revient rôder parfois le loup décimant les troupeaux. A l’image du loup, ici ce sont parfois des êtres qui viennent trouver refuge pour panser leurs plaies, après une déception amoureuse ou par goût de la liberté et reprendre souffle et forces, vivant de petits boulots, se cherchent une voie d’avenir, entretenant des amitié avec les gens du cru avec lesquels il n’est pas question de grands mots, de belles phrases, mais d’actes, d’attitudes de tous les jours qui révèlent la personnalité et la valeur.

Dans ce roman, il faut le reconnaître, chacun des personnages aurait presque mérité d’être approfondi car le portrait et l’itinéraire de chacun gardent des zones d’ombre et j’aurai aimé en savoir un peu plus eux, l’auteur choisissant de se concentrer sur la relation entre les deux « loups » de passage, Fausto et Silvia.

Paolo Cognetti écrit parfaitement quant il s’agit de parler de la montagne, ses paliers, ses pistes pour gravir les sommets, ceux qui les empruntent, ses refuges où randonneurs et montagnards trouvent, le temps d’une nuit un peu de chaleur humaine et corporelle avant de reprendre l’ascension et l’histoire d’amour entre Fausto et Silvia peut sembler bien banale face à tout cela et j’ai d’ailleurs trouvé beaucoup de similitudes avec le roman Malamute de Jean-Paul Didierlaurent lu il y a quelques temps.

Alors si vous avez aimé celui-ci vous aimerez encore plus Huit montagnes et si vous n’avez jamais lu Paolo Cognetti et que vous souhaitez le découvrir, commencez par Huit montagnes qui est pour moi son roman le plus fort et abouti mais également ses Carnets de New-York si vous voulez arpenter la ville en sa compagnie. Avec La félicité du loup je suis restée, pour ma part, un peu sur ma faim (mais pas celle du loup), de parce qu’il m’avait habituée (mais je sais que les habitudes sont néfastes) à vivre plus intensément ses récits.

J’ai aimé.

D’autres avis chez Vincent Giraud, Eve-Yeshé

Traduction de Anita Rochedy

Editions Stock – La cosmopolitaine – Septembre 2021 – 216 pages

Ciao 📚

10 réflexions sur “La félicité du loup de Paolo Cognetti

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