Passage du gué de Jean-Philippe Blondel

PASSAGE DU GUERésumé

Myriam et Thomas. Pour Fred, les revoir aujourd’hui, c’est une joie violente qui prend à la gorge, bouscule et donne une force inattendue. Il y a vingt ans, Fred a choisi de traverser, à leurs côtés, une épreuve qui n’était pas sienne. Pour leur éviter la noyade, il s’est tenu là, attentif, disponible, sans rien attendre. Avec tendresse et fermeté, il a tenu leurs têtes hors de l’eau. Une fois la tempête éloignée, il s’est effacé. Myriam, Thomas et Fred. S’ils ont survécu, c’est que le pari le plus insensé peut être tenu. C’est que la vie peut tout donner après avoir tout retiré.

Ma lecture

J’ai découvert Jean-Philippe Blondel avec Le groupe lors d’une lecture pour le comité de lecture jeunesse dont je fais partie, puis avec La Mise à nu, des lectures différentes mais dans chacune d’elle on retrouve beaucoup de l’auteur, s’inspirant je pense de ses observations, son vécu etc….

Dans Passage du gué tout commence par une rencontre fortuite dans un magasin d’un couple que le narrateur, Fred, a connu 20 ans plus tôt. Cette rencontre va le replonger dans une année de sa vie, année charnière, alors qu’il était surveillant dans un établissement scolaire où il fera la connaissance de Myriam, professeur de dessin et pour laquelle une attirance réciproque s’installe. Myriam vient d’apprendre qu’elle est enceinte, invitera Fred lors de la soirée d’annonce de la grossesse à son mari, Thomas, cadre ambitieux dans une grande surface.

Une étrange liaison platonique va s’installer entre Fred et Myriam dans un premier temps, puis entre Thomas et Fred, lorsque un drame va ébranler le couple et dont Fred sera le passeur, celui qui permettra à chacun de retrouver la terre ferme.

… et que Fred lui a demandé ce qu’il pouvait faire pour nous. Thomas a haussé les épaules. Il a répondu rien, bien sûr, rien, il n’y a rien à faire. Mais en fait il y a beaucoup réfléchi et il croit maintenant que ce n’est pas vrai. Que Fred pourrait aider. Pourrait t’aider. Pourrait m’aider aussi. A supporter tout ça. A passer le gué. (p219)

La vie n’est pas toujours un long fleuve tranquille, il faut parfois des passerelles pour franchir les débordements, les crues pour ne pas sombrer et penser qu’un être peut devenir celui qui tiendra ce rôle, un passeur humain, fidèle, qui va trouver dans ce rôle une manière d’entrer dans le monde adulte.

Jean-Philippe Blondel prend le parti, et j’ai trouvé cela très pertinent, de donner la parole aux trois protagonistes : par un retour en arrière, il aborde le point de vue de chacun au fur et à mesure des événements : Fred, ce jeune surveillant en préparation de ses examens pour devenir professeur d’anglais, pas très sûr de lui-même, de ses aspirations, mais qui va devenir la bouée de survie du couple alors que celui-ci traverse une tragédie, puis  Myriam et Fred, aux caractères très différents qui vont devoir affronter la pire épreuve que peut rencontrer un couple et qui peut soit le séparer soit le rendre plus fort.

L’auteur offre une analyse des sentiments de chacun, à toutes les étapes de leur vie commune : la rencontre, le drame puis l’éloignement, où les émotions, les ressentis sont parfaitement mis en évidence, les transformations de chacun sur le chemin de l’amitié, de l’amour et du partage.

Traverser les épreuves avec une épaule sur laquelle se reposer alors qu’elle n’était pas préparée à cela, offrir une présence, une écoute dans les moments les plus sombres de la vie voilà ce que propose Jean-Philippe Blondel dans ce roman à travers le personnage de Fred. Lui le plus jeune, lui le moins préparé, lui qui n’était qu’attiré par une femme un peu plus âgée que lui, va se retrouver le pilier du trio, une sorte de clé de voûte qui fera tenir l’ensemble de l’édifice.

Que sont mes amours devenus, qu’ont-ils laissé en nous une fois le temps passé, ont-ils été le ciment de notre vie, de notre devenir, de ce que nous sommes désormais ? Voilà bien des questions auxquelles l’auteur apporte sa réflexion à travers ce récit.

Amour, amitié, apprentissage de la vie et des sentiments, c’est un riche panel qu’offre l’auteur dans ce roman, le tout dans une écriture empreinte d’émotions, de réalisme, parfois de colère sur la société ou le monde du travail.

A chaque fois que je lis Jean-Philippe Blondel je retrouve à la fois une écriture limpide, fluide mais aussi un regard sur les hommes et leurs vies, sur ce qui fait une société avec ses joies, ses peines mais aussi ses espoirs, sa fraternité.

Editions Robert Laffont  – Juin 2006 – 336 pages

Ciao

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